Le tour de France de la locale : publicité • GAFAM • IA • Suisse • Le Télégramme • Rossel • Ouest France • Espace PHR…

Edition du 11 mai 2026

Le tour de France de la locale : publicité • GAFAM • IA • Suisse • Le Télégramme • Rossel • Ouest France • Espace PHR…

Edition du 11 mai 2026

Rossel  France: « accélération de la transformation digitale de l’organisation »

The Media leader continue sa série d’interviews de patrons de la PQR, avec, le 7 mai 2026, la publication de celle d’Olivier de Raeymaeker, directeur général de Rossel France (La Voix du Nord, L’Union, Paris Normandie, Le Courrier Picard, Nord Eclair, Nord Littoral, Le Messager).
Dans cet entretien, le dirigeant affirme la volonté du groupe de porter un projet fort pour 20 Minutes (qu’il devrait posséder à 100% suite au désengagement de SIPA Ouest France qui en possède jusqu’à maintenant 50%) : « C’est une marque complémentaire à notre modèle PQR, qui a réussi sa transformation digitale depuis l’arrêt du papier. Nous croyons dans cette marque et dans ce modèle. » Avec une complémentarité forte (avec les autres médias du groupe), notamment du point de vue des revenus publicitaires, ou sur les fonctions support.
Face au déclin du print, Olivier de Raeymaeker veut « encore accélérer la transformation digitale de l’organisation, avec une priorité absolue donnée à la croissance de [nos] bases abonnés numériques. » Au sujet de la fidélisation nécessaire des lecteurs, le dirigeant veut continuer de travailler fortement sur le « marketing éditorial : comment mettre ce contenu en avant auprès des non-abonnés, comment créer une expérience suffisamment riche pour que les abonnés ne pensent pas à nous quitter. »
Enfin, concernant la diversification, il annonce  que Rossel France vient « de prendre une décision structurante : nous avons nommé à partir de ce mois de mai quelqu’un au comité de direction pour porter pleinement cette stratégie et l’industrialiser. »

Un webinaire sur les nouvelles tendance de la pub locale

Le 21 mai 2026 à 10 h, le collectif Les Relocalisateurs (le do tank qui plaise en faveur d’un retour de la pub dans les médias traditionnels, dont locaux) organise un webinaire sur les tendances en matière d’investissement publicitaires locaux, sujet crucial du moment. Les cinq intervenants viendront témoigner de l’efficacité des médias locaux pour booster les stratégies de communication ! Pour participer à ce webinaire, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire en suivant ce lien.

Les Gafam obligés de payer la presse locale ?

Le cas n’est pas très local, puisqu’il se déroule en Australie, mais il pourrait inspirer nombre de gouvernement, dont le français… Un projet de loi a en effet été présenté fin avril sur l’île continent pour obliger les géants du net (Meta, Google et Tiktok principalement) à conclure des accords avec les médias locaux pour les rémunérer. Les auteurs de ce projet de loi estiment en effet à juste titre que ces plateformes captent les utilisateurs avec des informations et aspirent de même les revenus publicitaires qui devraient logiquement revenir aux médias.
L’idée est donc que, dans un premier temps, Meta et consort signent des accords avec les médias pour avoir le droit d’utiliser leur contenus (avec rémunération à la clé, bien sûr). S’ils refusent, une pénalité sera appliquée, équivalant à 2,25 % de leur chiffre d’affaires dans le pays. Et cet argent serait redistribué au secteur des médias d’information.

La fin de la presse locale en Suisse ?

Une interview découverte par Ouest Médialab, qui fait froid dans le dos : Marc Walder, le PDG du groupe Ringier (un des principaux groupes helvète, qui compte 115 sociétés de médias dans le monde) prophétise que, dans quelques années, « seules trois marques médiatiques devraient survivre économiquement dans le numérique : la NZZ, le «Blick» et «20 Minuten». Et bien sûr — grâce aux subventions — SRF avec srf.ch. »

« Selon le dirigeant du plus grand groupe médiatique suisse, les journaux régionaux et locaux n’ont aucune chance dans le monde numérique« , résume le journaliste du Neue Zürcher Zeitung (journal de référence en Suisse alémanique) qui a réalisé l’interview.
« Depuis 2010, poursuit le dirigeant, le marché publicitaire de la presse imprimée est passé de 3 milliards de francs à environ 650 millions, soit une baisse de 78 %. Dans le même temps, le marché de la publicité numérique ne croît déjà plus. Sur les quelque 2,2 milliards de dépenses publicitaires sur les plateformes numériques, environ 80 % vont à de grandes plateformes comme Meta, Google et Amazon. À lui seul, Ringier a perdu plusieurs centaines de millions de chiffre d’affaires dans sa branche médias. 20 Minuten, longtemps une success story européenne, réalisait autrefois un bénéfice opérationnel de 40 à 50 millions de francs. En 2025, il n’était plus que de 3,3 millions. »

Un accord PQR/IA avec Mistral

Les groupes de PQR EBRA, Ouest-France, Rossel France et la Dépêche du Midi viennent de signer un accord avec le géant de l’IA Mistral. Le but : mettre en place des chatbots sur les sites des médias dans lesquels les lecteurs pourront obtenir des réponses tirées des infos de ces différents acteurs des médias locaux.
L’accord, révélé par La Lettre, s’inscrit dans le cadre du projet France 2030, et les médias ne devraient pas percevoir de rémunération pour l’utilisation de leur contenus par Mistral.
Olivier de Reaymaeker, dirigeant de Rossel France, souligne, dans son interview à The Meddia leader, que « l’objectif est de développer une solution qui permette à nos abonnés de bénéficier de nouvelles formes d’interaction avec nos contenus — articles récents comme archives — sur nos propres sites. On reste sur nos contenus, dans un environnement qu’on maîtrise et sur lequel on est souverain. Ce qui compte dans notre démarche, c’est aussi d’avoir choisi des acteurs français et européens. Dans un contexte où la quasi-totalité des solutions IA vient des États-Unis, pouvoir développer quelque chose avec Mistral et Arlequin, c’est un choix qui a du sens et dont nous sommes fiers. »

La PHR prépare ses pubs pour le Tour de France

Espace PHR, la régie des titres de la presse hebdo régionale, entre dans la course ! Pour le Tour de France 2026 (du 4 au 26 juillet), elle met en place un dispositif original jouant sur son maillage unique du territoire, grâce aux plus de 240 titres et 240 sites internet qui composent son portefeuille. Le dispositif permet ainsi aux annonceurs nationaux d’être particulièrement visibles dans les villes étapes et sur le parcours de l’épreuve. Soit un potentiel de 2 millions d’exemplaires et de 5 millions d’impressions, qui peuvent, selon les forfaits, être déclinés sur le print, le web, via SMS… Les offres sont également ajustables pour tout ou partie des trois semaines de course. Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site d’Espace PHR.

+16% pour la presse écrite d’ici 2030 ?

Un rapport de The business search company (USA) publié au début de cette année et déniché par l’ACPC (Association de la presse comarcale catalane) est plutôt optimiste pour l’avenir de la presse en avançant une évolution positive et modérée de 2,6% dès 2026 pour atteindre en tout 16% d’ici 2030. Par « presse », l’étude entend journaux, magazines, livres, annuaires et autres produits éditoriaux, avec des revenus incluant à la fois les ventes directes et les revenus liés à la publicité et aux abonnements.

Parmi les facteurs qui soutiennent cette croissance annoncée figurent l’adoption des technologies d’impression numérique, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les contenus et la production, l’essor des modèles d’abonnement ainsi que le développement de campagnes intégrées combinant supports imprimés et numériques.
L’analyse souligne également la croissance des publications de niche et spécialisées, ainsi que l’augmentation de la demande de contenus locaux et régionaux, en phase avec une tendance vers une consommation de l’information plus segmentée.

Un peu de Sciences avec le Télégramme

Le quotidien breton propose depuis la fin avril à ses abonnés d’ajouter une dose supplémentaire de sciences dans leurs connaissances. Chaque mois, ils se voient offrir l’accès au magazine Sciences & Avenir en PDF (en passant par la liseuse du quotidien), mais aussi à l’intégralité du site internet du magazine. Ce partenariat est dans le prolongement de celui réalisé depuis l’automne 2025 avec la revue économique Challenges.
Dans un communiqué commun, Mathieu Nowak, le rédacteur en chef de Sciences & Avenir, explique que « ce partenariat (…) permet de toucher de nouveaux publics et de renforcer notre mission de transmission d’une information scientifique rigoureuse, indépendante et pédagogique. » De son côté, Le Télégramme veut poursuivre « sa politique de partenariats avec des médias nationaux de référence. L’objectif : proposer à ses lecteurs une offre toujours plus complète, combinant information locale, décryptage national et expertise thématique. »

Ouest France : 2025 en déficit

Une année 2025 autant riche en créativité et audience que difficile économiquement pour le groupe SIPA Ouest France, qui a publié le 4 mai 2026 son premier rapport d’activité, accusant un déficit de 22,7 M€. Le chiffre d’affaires est globalement stable (à 525 M€). Ce sont les récents investissements, dont le lancement de la chaîne Novo19, qui creusent le déficit (-12 M€ rien que pour cette nouvelle chaîne de la TNT). L’équilibre de ce canal, un vrai pari pour le groupe, est espéré à l’horizon 2029.
Le groupe compte sur le plan Efficience 2, présenté il y a quelques semaines, pour économiser 12 à 15 M€, et donc soulager les résultats des prochaines années. Un plan mêlant restructurations, synergies, ou arrêt de certains outils technologiques (comme une rotative qui imprimera ses derniers quotidiens le 31 mai à Rennes). L’accent sera également mis sur la reconquête du marché publicitaire, dans le rouge actuellement comme pour la plupart de la presse, et sur la forte expansion du nombre d’abonnés numériques.
Le groupe pourrait également miser sur une réduction des investissements en 2026, sur la vente des 50% de 20 Minutes à Rossel France, et, selon la Correspondance de la Presse, sur la vente des bureaux parisiens idéalement situés dans la très recherchée rue du Faubourg Saint-Honoré, à un jet de pierre de l’Elysée, pour booster ses comptes.

Suisse : fusion de rédactions de journaux locaux à Fribourg

Certains éditeurs de presse helvêtes prédisent un cataclysme dans le paysage médiatique du pays alpin (voir plus haut), d’autres passent à l’action. Le quotidien Le Temps (rapporté par la Correspondance de la Presse) a en effet révélé le 1er mai 2026 que le groupe Saint-Paul médias va fusionner d’ici 2027 les rédactions d’un quotidien, d’un tri-hebdomadaire et d’un hebdo, tous trois locaux. En tout, dix-huit équivalents temps plein seraient supprimés à La Liberté, La Gruyère et La Broye Hebdo.
«Il y a déjà aujourd’hui des services partagés, explique le directeur Serge Gumy. Pour l’avenir, ce qui a trait à la mise en page, à l’édition et à la diffusion sera centralisé. Nos polygraphes, nos metteurs en page vont devoir passer d’un titre à l’autre. Dans ce but, nous harmoniserons nos formules graphiques et réunirons les journalistes dans des bureaux communs. » Le groupe promet de net pas mettre en péril la diversité, les titres gardant chacun leur identité. Mais cette synergie inquiète largement le monde politique et les lecteurs des titres.

Devenez bénévole pour le Festival de l’info locale

Chaque année, une vingtaine de bénévoles contribuent à la réussite du Festival de l’info locale (les 24 et 25 septembre 2026 à nantes) . Professionnels ou étudiants en journalisme et communication ou simplement curieux : toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !
En devenant bénévole, vous profitez de retours d’expériences de professionnels aguerris du secteur des médias, vous contribuez au succès d’un événement professionnel d’envergure nationale et vous avez l’occasion de développer votre réseau tout en découvrant les enjeux actuels de l’info locale; En contrepartie, vous bénéficiez d’un pass intégral pour les 2 jours du FIL, d’un accès à la soirée du FIL le jeudi 24 septembre (repas inclus) et de la prise en charge d’un déjeuner. Pour postuler, il suffit de cliquer sur ce lien.

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