IA Overview et IA Mode : les deux nouvelles options Google que la presse redoute

D'ici quelques jours, Google devrait proposer en France ses recherche dopées à l'IA : Overview et IA Mode. Est-ce la fin des recherches menant vers des liens ? Et, finalement, le résultat généré par IA ne sera-t-il pas suffisant pour s"informer ?

IA Overview et IA Mode : les deux nouvelles options Google que la presse redoute

D'ici quelques jours, Google devrait proposer en France ses recherche dopées à l'IA : Overview et IA Mode. Est-ce la fin des recherches menant vers des liens ? Et, finalement, le résultat généré par IA ne sera-t-il pas suffisant pour s"informer ?

L’expérience est simple à mener : une simple question sur ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau au moteur de recherche de Google : que s’est-il passé hier dans ma ville ? Et, en quelques secondes, voilà les trois ou quatre principales informations résumées de manière synthétique, sourcée, à la manière d’une newsletter. Et, juste en dessous, les liens renvoyant vers les articles de la presse locale. Avec une question qui taraude l’internaute : à quoi bon cliquer sur ce lien, à moins que l’on soit particulièrement intéressé  ou concerné par les faits, puisque les ligne du résumé contiennent les 5W essentiels de l’info… L’expérience fonctionne sur une grande ville. Mais tapez le nom d’un bourg un peu perdu. L’IA, bravache, souligne que, forcément, il y a moins d’actu que dans une grande cité, mais vous compile quand même les infos trouvées sur les sites des médias locaux, voire sur ceux des collectivités…

Cette nouvelle fonction, c’est l’Overview qui, couplé avec Mode IA, sera lancée dans les tous prochains jours par Google en France, comme l’a révélé lundi Ouest France. Et l’Hexagone est loin d’être le pionnier pour cette fonctionnalité. Au contraire. Pas moins de 120 pays en disposent déjà. Avec, pour tous, le même rendu : un résumé généré par l’IA apparaît en haut de l’écran, et les liens habituels de recherche sur Google sont eux relegués en dessous. Soit quasiment invisibles si l’internaute ne scrolle pas un peu sur son écran.

La recherche Overview sur l'actualité de Lille, réalisée le 30 juin.
La même recherche, le même jour, sur un village de la Drôme.

Evidemment, cette nouveauté est loin de rassurer nombre d’éditeurs en France qui compte encore beaucoup sur le moteur de recherche classique pour engranger des visites. Et donc de la visibilité et de la publicité. D’ailleurs, Google a tenté de désamorcer cette peur en adressant lundi un mail aux 450 éditeurs avec lesquels le géant américain a conclu un accord (dont tous ceux de l’Alliance rassemblatnt la PHR, la PQR, la PQD et la PQN).
Google annonce ainsi que chaque média aura le choix de laisser ou non ses contenus apparaître sur la recherche Overviews. De plus, le calcul des droits voisins selon les liens affichés dans une recherche classique et dans une autre générée par l’IA sera dissociée (une demande des éditeurs, la notion d’impression disparaissant lors de la recherche automatisé).

Des accords revus et corrigés

L’irruption d’Overview change réellement la donne en matière de visibilité et les éditeurs s’attendent à une chute brutale du nombre de clics issus de la recherche. Si Google assure vouloir réaliser une mise à jour des contrats (ceux-ci courent jusqu’en juin 2027) pour s’adapter à ce nouveau modèle, « Il est évident que le déploiement de cette fonctionnalité se traduira par une perte d’audience et de revenus pour les éditeurs de presse« , assurait Marc Feuillée, le président de l’Alliance, il y a quelques jours. Les études menées, notamment aux Etats-Unis, montrent en effet une diminution de moitié des clics après l’arrivée d’Overview.
Si Google fait figure de « bon élève » en matière de droits voisins (c’est la seule entreprise qui a reconduit des accords avec les éditeurs, Méta ayant renoncé à la faire, X et Microsoft se défilent), l’arrivée de la loi Balanant pourrait changer la donne. Mais celle-ci, comme le regrette Marc Feuillée, ne dispose par d’une « présomption d’utilisation de l’IA » dans les contenus des recherches ou sur les réseaux sociaux. Le texte de loi qui devait le faire n’a en effet pas été étudié début juin. Ce qui laisse encore une fois aux géants du web une longueur d’avance sur les éditeurs, dont ils profitent amplement…

Laurent Brunel

Publicité

Contact

Recevez les news de l'info locale

directement par mail