Locales de BFM : CMA Média met en vente ses 9 chaînes locales

Pour réaliser des économies d'un montant d'environ 20 millions d'euros, le groupe CMA Média se débarrasse de ses canaux d'infos locales. Si aucun repreneur ne se manifeste, les chaînes devront arrêter leurs programmes à la fin de l'année.

Locales de BFM : CMA Média met en vente ses 9 chaînes locales

Pour réaliser des économies d'un montant d'environ 20 millions d'euros, le groupe CMA Média se débarrasse de ses canaux d'infos locales. Si aucun repreneur ne se manifeste, les chaînes devront arrêter leurs programmes à la fin de l'année.

Nouveau coup dur dans le monde des médias locaux : le groupe CMA Média a annoncé ce mercredi 25 juin 2026 qu’il mettait en vente ses franchises de télévision locale, les BFM présentes dans neuf villes ou territoires à travers la France (Lyon, Marseille Provence, Grand Lille, Grand Littoral, D’ici -Alpes du Sud et Haute-Provence-, Toulon Var, Nice Côte d’Azur, Alsace et Normandie). La principale raison de cette décision est économique : le groupe espère récupérer ainsi 20 millions d’euros, ce qui représente à peu près 5% de ses coûts.
Ces 20 millions seraient réutilisés « pour investir, selon la directrice générale de CMA Media, Claire Léost,  dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu, les réseaux sociaux. » Dans cette déclaration à l’AFP, elle est aussi cash sur la réalité économique de ces médias : « nous ne trouvons pas le modèle économique sur l’activité des chaînes locales.« 

La recherche de repreneurs

Pas moins de 150 journalistes sont concernés par cette session. Et la réponse a été immédiate : la grève a été enclenchée dès mercredi à 17 h et elle devrait se poursuivre jusqu’à ce jeudi soir. Un plan de départs volontaires a été présenté lors d’un CSE exceptionnel, plan qui serait mis en œuvre en cas d’absence de repreneur.
« Nous avions entendu des rumeurs, nous savions que la situation était incertaine, mais nous sommes tombés de haut, » explique Thomas Bernabe, reporter et délégué syndical du SNJ-CGT de BFM Marseille-Provence à France 3 PACA. Tandis que Loïc Guerringue, rédacteur en chef de BFM D’ici, souligne que « personne ne s’attendait à la cession totale. Il y a eu beaucoup d’investissement à Marseille, avec un nouveau plateau, grand et très cher, construit en octobre 2025. C’est aussi une déception, CMA Média se désinvestit alors qu’on pensait qu’elle nous ferait grandir. C’est un sentiment d’abandon. »

Une capture d'écran de BFM Littoral.

Quid de la reprise du groupe ? Celle-ci est loin d’être évidente, et on voit mal quel opérateur pourrait se lancer dans cette difficile mission, d’autant plus que le marché publicitaire est particulièrement morose, que ce soit pour les médias locaux comme pour la télévision linéaire. Locales.tv, l’association qui rassemble les chaînes de télévisions locales à travers le pays, prend note avec gravité de la décision de CMA Media. Et demande à l’Arcom (autorité de compétence pour ce secteur des médias) de « lancer sans délai une mission d’urgence sur l’avenir des fréquences locales concernées, les conditions de leur réattribution et les obstacles juridiques ou économiques  qui pourraient empêcher une reprise rapide lorsque celle-ci est possible. » Une demande qui anticipe donc une vente à la découpe de ce réseau créé officiellement en février 2019, mais donc certains canaux sont parfois anciens (Lyon a été lancé en 1995 sous le nom de TLM).

Laurent Brunel

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