Dans la salle, une cinquantaine de participants sont réunis. L’ambiance oscille entre curiosité, projection et parfois un certain vertige. En ouverture de l’atelier, Marc Feuillée, président de l’Apig et directeur général du Figaro, insiste sur la rapidité de diffusion de l’IA générative. Dans un contexte de forte pression des plateformes numériques, il alerte sur deux risques majeurs pour la presse : l’utilisation des contenus sans accord et l’invisibilisation progressive des médias locaux. « Il faut inverser les rapports de force et faire bloc », martèle-t-il, rappelant l’enjeu du maintien d’une presse locale viable face aux nouveaux usages.
Des usages déjà concrets dans la chaîne de valeur
La démonstration suivante achève la présentation. Sur écran, Thibaut de La Grand’rive, cofondateur de Delos, entreprise spécialisée dans l’IA, enchaîne les cas d’usage : recherche documentaire via NotebookLM, gestion automatisée des mails, création de présentations, traitement audio, génération de visuels ou encore remise en forme de tableaux Excel.
L’IA s’invite dans des fonctions très concrètes, parfois proches de celles d’un secrétaire de rédaction. Thibaut Grand’rive l’illustre avec un appel plus vrai que nature, dont les réponses sont générées par l’IA.
Des réactions spontanées
Dans la salle, les réactions ne se font pas attendre. Certains échangent des regards dubitatifs, d’autres prennent des notes plus lentement. Quand les usages sont poussés jusqu’à la délégation quasi complète de tâches, un léger flottement s’installe. Les échanges convergent rapidement vers une question centrale : quelle place reste-t-il à l’humain dans ces nouveaux systèmes ?
« La machine n’a jamais été aussi excellente », défend Thibaut de La Grand’rive, convaincu que les organisations doivent désormais apprendre à composer avec ces capacités. À la fin de la session, certains participants prolongent l’échange, d’autres viennent directement demander des contacts.
Entre fascination et inquiétude, l’atelier laisse surtout une impression : celle d’une bascule déjà engagée d’une évolution à marche forcée où la question n’est plus seulement technologique, mais profondément humaine.