Du bar à la boucherie : la nouvelle migration des points de vente

S’ils étaient incontournables au siècle dernier, les kiosques et maisons de la presse disparaissent dans les villes, bourgs et villages. La PHR étant encore, pour la plupart des titres, diffusée à 50% au numéro, les directeurs et animateurs de points de vente ne s’imposent aucune limite pour dénicher d’autres sites d’exposition de leurs titres...

Du bar à la boucherie : la nouvelle migration des points de vente

S’ils étaient incontournables au siècle dernier, les kiosques et maisons de la presse disparaissent dans les villes, bourgs et villages. La PHR étant encore, pour la plupart des titres, diffusée à 50% au numéro, les directeurs et animateurs de points de vente ne s’imposent aucune limite pour dénicher d’autres sites d’exposition de leurs titres...

Article originellement publié le 12 juin 2026 dans PHRases direct.

Ces dix dernières années, la France a vu le nombre de points de vente de journaux s’effondrer. S’ils étaient près de 25 000 en 2015, on atteint aujourd’hui péniblement les 19 700 selon la Commission du réseau de la diffusion de la presse. Face à ce phénomène, les titres doivent trouver une parade. Une solution semble s’imposer pour tenter de conserver un nombre de points de vente élevé :  la diversification.

Migrer pour se maintenir

« On est dans les boutiques du terroir, les boucheries, pas que dans les bars et boulangeries. Ces nouveaux lieux compensent la fermeture des points de vente plus traditionnels : on réussit à garder un nombre de revendeurs stable », affirme Hubert Piette, animateur de points de vente pour L’Observateur de l’Avesnois. Avec ça, le journal a fait un choix fort pour tenter de booster ses ventes au numéro. Depuis le changement de rotative pour une machine numérique il y a dix ans, l’hebdomadaire peut adapter ses Unes en fonction de la commune où est vendu le journal. Chaque lecteur trouve en Une les informations les plus proches de lui.
Plus à l’ouest, au Courrier Cauchois, on fait aussi le choix de la diversification dans la diffusion. « C’est sûr que si on ne fait rien pour contrer la fermeture des points de vente, on n’arrivera pas à maintenir les ventes, lance Laurent Fillocque, directeur délégué de l’hebdomadaire du groupe La Manche libre. On cherche à diversifier leur nature, sans s’arrêter au traditionnel, à se développer. »
Il explique travailler avec des maisons de retraite, des stations-service, des boucheries, un poissonnier… et même les distributeurs automatiques dans les fermes, avec le journal qui est intégré à des paniers de produits par les producteurs. En dix ans, le nombre de points de vente du Courrier Cauchois s’est maintenu à environ 400, selon Laurent Fillocque.

« Nous avons environ 1 000 points de vente, et tout le monde a mon numéro »

Hubert Piette est animateur de points de vente pour le groupe Sogemedia dans l’Avesnois depuis 22 ans. Son rôle ? Entretenir et améliorer le réseau. Lors de visites de courtoisie, il récolte l’avis des lecteurs. « Je fais le lien entre les journalistes et ceux qui lisent leurs articles. Quand des lecteurs me disent qu’on parle de moins en moins de leur village, je le fais remonter à la rédaction pour tenter de régler le problème. »
Ces visites, il ne les prépare pas. Il utilise ce qu’il appelle la « technique de l’escargot ». « Quand j’interviens chez un diffuseur pour une affichette ou autre chose, j’en profite pour me rendre dans les points de vente des alentours. Je vérifie que tout se passe bien et j’entretiens le contact, le réseau. Nous avons environ 1 000 points de vente, et tout le monde a mon numéro. » Aussi, il anime les stands lors des salons et gère les partenariats, notamment avec des événements sportifs. Tout cela dans un seul et même but : améliorer l’image du journal.

Axel Gallet

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