Crédit d’impôt pour un premier abonnement de presse : quel impact en locale ?

Renouvelée pour une seconde édition, cette mesure gouvernementale vise à remonter l'économie de la presse en France. Au sein des médias locaux, cette dernière a parfois été compliquée à mettre en place.

Crédit d’impôt pour un premier abonnement de presse : quel impact en locale ?

Renouvelée pour une seconde édition, cette mesure gouvernementale vise à remonter l'économie de la presse en France. Au sein des médias locaux, cette dernière a parfois été compliquée à mettre en place.

C’était une mesure visant à aider les médias après le premier confinement, en mars 2020 : le crédit d’impôt pour un premier abonnement dans un titre de presse d’information de politique générale (IPG) est renouvelé jusqu’en décembre 2022.

Proposant une réduction sur la fiche d’imposition des lecteurs à hauteur de 30% du prix d’un abonnement d’un an minimum, ce décret a été dans un premier temps bien accueilli par les professionnels. “Certains éditeurs dans des groupes comme Nord Littoral ou La Charente Libre se sont emparés du dispositif rapidement. Ils ont constaté que les mails expliquant la mesure génèraient plus d’audience, explique Patricia Panzani, responsable des ventes et distribution au sein du syndicat de l’Alliance de la presse d’information générale. Le groupe Publihebdos avait lui aussi réagi, en imprimant de grands bulletins d’abonnement sur lesquels était clairement indiquée la mesure dans ses hebdos. Bien que l’impact chiffré de la mesure gouvernementale n’ait pas encore été officiellement calculé par le syndicat, la responsable affirme que cela a été “un levier pour les engagements du lectorat sur douze mois et plus pour plusieurs structures.

Des critères compliqués à comprendre

Pour certaines titres ou groupes, la mise en place du crédit d’impôt a parfois été plus complexe. En cause : les nombreux facteurs à respecter. Le lecteur ne doit notamment jamais s’être abonné à un titre IPG. Les éditeurs, de leur côté, ont le devoir de faire parvenir aux bénéficiaires un reçu fiscal, la mesure ne s’appliquant qu’à un unique abonnement par foyer. “C’est devenu très complexe à déceler pour les deux partis. Les facteurs laissent la main au contribuable pour comprendre s’il y a accès ou non, et ce n’est pas évident”, continue Patricia Panzani.

« On a été découragés après la lecture de toutes les démarches à suivre pour y avoir accès.» 

Clémence Fourneau, directrice commerciale des Editions du Phare

Un constat partagé par Clémence Fourneau, directrice commerciale des Éditions du Phare, groupe regroupant trois hebdomadaires implantés en Charente-Maritime. En 2020, son équipe s’est rapidement intéressée aux potentielles bénéfices de ce crédit, avant de faire marche arrière.On a été découragés après la lecture de toutes les démarches à suivre pour y avoir accès. On devait aussi changer toute notre stratégie commerciale d’abonnements sans engagement et différencier les modes de facturation des bénéficiaires de la mesure des autres lecteurs. Même si cela partait d’une bonne intention du Gouvernement, c’était trop compliqué de le mettre en place pour une petite structure comme la nôtre. »

Une mesure renouvelée, mais critiquée

Dans la même lignée, Valérie Bourbotte Del Piero, responsable commerciale au sein du groupe de Presse et Média du Sud Ouest (PMSO), n’est pas allée jusqu’au bout du processus. Sceptique par rapport à la mesure fiscale, cette dernière se pose la question du réel impact sur la presse hebdomadaire régionale.Est-ce que cela a vraiment un intérêt pour nos petites équipes ? Nos systèmes d’abonnements sont différents de la presse nationale, on a pas les mêmes moyens pour s’adapter aux mesures fiscales.

Pour 2022, le crédit d’impôt pour un premier abonnement de presse est renouvelé jusqu’au 31 décembre. Les charges d’éligibilités restent les mêmes. Un changement est à noter : le revenu fiscal annuel du contribuable ne doit pas excéder 24 000 euros pour accéder à la réduction d’impôt. Un nouveau critère problématique selon Patricia Panzani. “On avait milité contre ce critère et pour élargir la mesure pour tout type d’abonnement. Avec ce changement, on est plutôt sur la fin du dispositif.”

Cyriane Duthoit

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