Une journée de grève pour dénoncer la crise que traverse la presse

Ce jeudi 18 juin, les syndicats de journalistes et de nombreux corps de métiers liés à l'information appelent à une journée de mobilisation et de sensibilisation face à la crise actuelle subie par la presse.

Une journée de grève pour dénoncer la crise que traverse la presse

Ce jeudi 18 juin, les syndicats de journalistes et de nombreux corps de métiers liés à l'information appelent à une journée de mobilisation et de sensibilisation face à la crise actuelle subie par la presse.

C’est le nouvel appel du 18-Juin. Et cette fois encore, il s’agit de sauver un pan de la démocratie : la presse et les médias. Pour la première fois depuis longtemps, tous les syndicats de journalistes et de nombreuses associations représentant les métiers liés à la presse appellent à la mobilisation ce jeudi 18 juin. Presque un appel à l’aide tant nombre de médias ou groupes sont dans une situation délicate.
Dans la PQR, les plans sociaux se multiplient, autant à Ouest France, que d’aucuns pensaient jusqu’alors inébranlable, à Centre France, en passant par EBRA qui, lundi prochain, devrait annoncer de nouvelles mesures quand à l’emploi dans le groupe, avec des chiffres dévoilés par certains médias qui font froid dans le dos.
La PHR est également touchée, avec des mesures d’économies compliquées à mettre en place dans ces titres qui sont souvent animés par une équipe réduite. Mais, lors du congréè qui s’est tenu la semaine dernière à Annecy, tous les participants exprimaient leur désarroi face à l’impossibilité de trouver une parade face à la chute de la diffusion, à celle de la publicité et à la difficulté de faire face aux autre sources d’information, dont les réseaux sociaux.
Du côté des médias nationaux, c’est également le grand ménage, par exemple au sein du groupe Infopro Digital (L’Usine nouvelle, le Moniteur…), qui se sépare de 19 secrétaires de rédaction qui seront remplacés par l’IA. Le groupe Prisma va également se séparer de nombreux journalistes…
Une situation préoccupante qui fait dire à Jean-Marie Charron, le sociologue des médias interrogé par l’AFP,  que « pendant des années, il y a eu des mesures d’adaptation mais, là, on est ‘à l’os‘ ». Sur France Culture, Martin Ajdari, le président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), a évoqué il y a peu un « effondrement du modèle
économique des producteurs d’information, des télés, des radios, de la presse, qui représentaient 50 % du marché publicitaire en 2019 et vont en représenter 20 % en 2030« .

Etats généraux, IA…

La mobilisation de jeudi, qui ne devrait être malheureusement que symbolique, est un vrai signal d’alarme. Et les syndicats demandent aux pouvoirs publics de réagir. Mais aussi de tenir leurs promesses en mettant en place par exemple les mesures qui avaient été écrites noir sur blanc au terme des Etats généraux de l’information, il y a deux ans. Ou a doper les aides à la presse, en ciblant peut être mieux les besoins et les urgences.
L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO – Filpac-CGT – SNPEP-FO – Info’Com-CGT a dressé une liste de demandes, qui va pêle-mêle,  de l’arrêt des plans de suppressions d’emplois, des effectifs nécessaires pour un journalisme de qualité, la titularisation des précaires , à l’encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour préserver l’emploi et la qualité de l’information. Mais figurent aussi des rémunérations à la hauteur des qualifications, l’arrêt de la baisse continue des budgets piges, le respect du statut professionnel permettant de résister aux pressions d’où qu’elles viennent, une véritable bataille menée contre les géants du numérique qui pillent les informations et conservent les retombées financières, ou encore un véritable plan national pour lutter contre les déserts informationnels.

Laurent Brunel

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