Fondé en 1881 par la famille Godó, La Vanguardia est un quotidien catalan… à portée nationale. Deux éditions sont publiées chaque jour, l’une en espagnol, l’autre en catalan. Aujourd’hui, le journal est le plus vendu en Catalogne, et le deuxième le plus diffusé d’Espagne. Près de 180 journalistes travaillent entre les rédactions de Barcelone, Madrid et Valence.
Une identité catalane assumée
Longtemps rédigé principalement en castillan, La Vanguardia revendique désormais pleinement son identité catalane. “Les journalistes écrivent dans la langue qu’ils veulent”, confie Joel Albarrán Bugié. Depuis une dizaine d’années, le journal utilise l’intelligence artificielle pour traduire automatiquement les articles d’une langue à une autre.
Aujourd’hui, environ 55% des ventes papier concernent l’édition en catalan, contre 45% pour l’édition espagnole. Sur le web, en revanche, l’espagnol reste largement dominant. Et pour cause, les lecteurs sont issus de toute l’Espagne, et même de l’Amérique latine. Si la plupart des journaux sont vendus en Catalogne, le journal est également distribué à Madrid et à Valence.
Une stratégie “web first”
Pour développer son audience numérique, La Vanguardia mise sur une stratégie “web first” et sur le référencement en ligne. Le journal propose deux formules d’abonnement : une offre premium, donnant accès aux archives et à la version PDF du quotidien, et une offre plus basique.
“Le prix standard est de 10 euros par mois, mais il existe des offres dégressives. L’idée est de créer une habitude de lecture. Même ceux qui ne paient qu’un euro se sentent membres de la communauté et reviennent”, souligne Joel Albarrán Bugié.
La rédaction accorde également une place importante au SEO et à l’analyse des performances. Les journalistes communiquent en permanence via Slack grâce à des canaux dédiés au référencement, aux réseaux sociaux ou encore à la vidéo. « On voit en temps réel ce qui est publié et ce qui fonctionne », explique-t-il.