Marché publicitaire : -12,7% en PQR, -16,2% pour les radios locales
Jamais le marché publicitaire n’aura été autant florissant. Mais, à l’opposé jamais la situation n’aura été aussi critique pour la presse, notamment locale. Le rapport publié le 10 septembre 2026 par France Pub, l’IREP et Kantar média, et portant sur la période janvier-juin 2026, montre une progression remarquable des recettes publicitaires nettes des médias, à 5,6 % (par rapport au premier semestre 2025), soit 9,753 milliards d’euros.
Mais cette belle santé profite aujourd’hui avant tout au digital (6,683 milliards d’euro, notamment le search et les réseaux sociaux. Les médias classiques, par contre, sont à la peine : la télévision (linéaire) est en baisse de 60,2%, la radio de 3,5% (les stations locales étant les plus touchées avec -16,2%). Et la presse chute de 6%, avec un inquiétant plongeon de 12,7% pour la PQR. Un phénomène signalé par tous les titres depuis le début de l’année.
FIL : rendez-vous jeudi et vendredi à Nantes
Le grand rendez-vous annule des médias de proximité arrive ! Jeudi 24 et vendredi 25 septembre, rendez-vous à Nantes pour la 8e édition du Festival de l’info locale. Plus d’une trentaine de rendez-vous rythmeront ces deux jours de rencontre et d’échange. Il y sera question d’IA, de créateurs de contenus, d’aides à la presse, de diversification, de fact-checking… Et le grand débat du jeudi, à 18 h 30, abordera une question cruciale : les pouvoirs publics doivent-ils soutenir les médias locaux ?
Quelques places sont encore disponibles pour cet événement. Pour vous inscrire, il suffit d’aller sur le site du FIL 2026. Site sur lequel vous retrouverez également tout le programme du festival.
Ne dites plus « Groupe Télégramme » mais « Advenn »
82 ans après sa naissance, le Télégramme n’a plus grand chose à voir avec le quotidien de ses débuts. Ce 7 septembre 2026, le groupe portant le quotidien breton en officialisé ce changement de statut en adoptant un nouveau nom, Advenn. « C’est un nom qui nous projette et traduit notre état d’esprit : agir, entreprendre et faire grandir nos projets dans la durée. Il porte nos racines bretonnes autant que notre volonté de poursuivre notre développement », explique Jean-Baptiste Pavin, directeur général du groupe, dans un article publié sur le site du Télégramme.
Si le nom fleure bon les sonorités bretonnes, il n’affiche plus de prime abord le nom du titre de PQR qui est à son origine. Et pour cause : la branche médias (qui s’appelle désormais Le Télégramme Médias) ne représente qu’un tiers du chiffre d’affaires total. Le groupe a en effet su se diversifier fortement par exemple autour d’Hellowork, ou de l’événementiel culturel et sportif. « Advenn nous permet d’affirmer notre nouvelle dimension, de donner davantage de force à chacune de nos marques et de poursuivre notre développement tout en restant fidèles à ce qui nous caractérise : notre indépendance, notre capacité d’action et notre vision de long terme », soutient Jean-Baptiste Pavin.
Nord LIttoral fait de l’EMI en mode « carnaval »
Faire de l’éducation aux médias autrement, avec une participation active des plus jeunes : Nord Littoral (groupe Rossel), à travers son quotidien et son hebdo (Le Phare dunkerquois) viennent de lancer la deuxième édition de leur « concours de journalisme scolaire“ ouvert aux classes de 4é, 3e et 2nde des établissements scolaires situés sur le territoire de la Communauté urbaine de Dunkerque (cette instance est partenaire du concours).
Et pour cette édition, c’est un thème particulièrement fédérateur dans ce coin de France qui a été choisi : le carnaval. L’objectif, pour les 15 classes qui participent, est de faire découvrir aux élèves les bases du journalisme tout en les invitant à enquêter sur un événement majeur du territoire. Chaque classe participante sera accompagnée par un journaliste afin de produire un contenu au choix (une double-page écrite, un podcast ou une vidéo courte). Un projet qui permet aux élèves de travailler concrètement l’éducation aux médias et à l’information : choix d’un angle, recherche d’informations, interview, vérification, écriture, hiérarchisation et production finale. « Il y a un vrai intérêt pédagogique pour les élèves », explique Antoine da Silva, rédacteur en chef adjoint du groupe, en charge du projet « Ce concours permet de découvrir comment fonctionnent les médias à travers la création de contenus. C’est une vraie aventure pour une classe. »
Les Assises du journalisme à Strasbourg en novembre
Après les deux premières éditions à Bruxelles, les Assises européennes du journalisme (la version continentale des Assises qui, elles, se déroulent en mars à Tours) s’installeront à Strasbourg du 4 au 6 novembre 2026. Ce rendez-vous permet de discuter avant tout des défis et évolutions du journalisme dans l’Union européenne.
Face aux mutations numériques et aux enjeux économiques, déontologiques et politiques pour le monde de l’information, ces trois journées d’échanges s’articuleront autour d’une ambition forte : repenser et défendre le journalisme en tant que « bouclier démocratique » pour l’Europe. Les journées rassembleront autant les professionnels que les citoyens pour une série de tables rondes, de conférences et d’ateliers, sans oublier les expositions présentées dans le cadre de l’évènement. Le programme complet et les inscriptions sont à retrouver sur le site des Assises.
3779 Nordistes dans les locaux de la Voix du Nord
A Lille, la traditionnelle Braderie (les 5 et 6 septembre) a attiré des centaines de milliers de personnes. Le quotidien local, La Voix du Nord, en a profité pour inviter ses lecteurs à découvrir l’emblématique immeuble d’architecture flamande qui abrite la rédaction et les services administratifs. Une idée accueillie très favorablement par la population qui, visiblement, tient à son journal, puisque pas moins de… 3779 visiteurs ont découvert les locaux (ou tout au moins une partie) du titre. Ce dernier répétera l’opération très bientôt, puisque des visites seront organisées pour les Journées européennes du patrimoine.
Actu.fr lance sa première campagne de pub
Pour la toute première fois, Actu.fr lance une campagne de communication pour mettre en avant « sa singularité et ses valeurs« . Initiée le lundi 14 septembre, cette opération repose sur le slogan « l’info qui »vient de près« , une formulation assez étrange qui, selon le communiqué de Groupe actu, résume « pourtant parfaitement la promesse d’actu.fr : nous sommes à vos côtés ».
La campagne a été créée par Thierry Chiumino (DA) et Christian Foulon (concepteur-rédacteur). Elle est incarnée par par de « vrais » journalistes du groupe, et se décline en différents contextes, représentant des situations du quotidien dans lesquelles chacun peut s’identifier. Elle sera diffusée jusqu’en fin d’année 2026 en digital, presse, radio.
Changements à la tête du Parisien
Changements en vue au sein de la direction du Parisien : Pierre Chausse, directeur délégué des rédactions, devrait quitter son poste à la fin du mois de septembre. Cet ancien rédacteur en chef adjoint au numérique à l’Express avait rejoint le titre du groupe LVMH en 2016, en tant que directeur adjoint chargé du numérique. Depuis cinq ans, sa mission avait évolué, puisqu’il travaillait avec Nicolas Charbonneau, le directeur des rédactions, sur l’organisation des rédactions et la stratégie éditoriale numérique du titre. Son remplaçant n’est pas encore connu, dans un contexte paradoxal : le Parisien est le seul titre de PQR qui voit sa diffusion augmenter, alors que les pertes atteignent 71,3 millions d’euros en 2025, selon L’Informé.
Par ailleurs, Sophie Cassam Chenai, qui était jusqu’à présent directrice numérique (depuis 2018) du titre, est depuis le 15 septembre directrice déléguée du Parisien-Aujourd’hui en France. Parmi ses axes principaux de travail à venir au sein de la direction figurent les audiences et revenus, la transformation numérique et technologique, le renforcement de l’abonnements; la stratégie vidéop et l’iidentification et l’activation de nouveaux leviers de croissance).
Une nouvelle directrice pour le Spiil
Depuis ce lundi 21 septembre 2026, Emmanuelle Mauger est la nouvelle directrice générale du Spiil (Syndicat de la presse d’information indépendante en ligne). Elle succède donc à Vianney Baudeu. Ancienne juriste et puis adjointe au chef de bureau des industries de programmes au sein de la Direction du développement des médias (services du Premier ministre), elle était depuis 2019 directrice générale adjointe du Syndicat de la production indépendante.
Elle aura pour mission, selon le communiqué du Spiil, de « poursuivre les actions
engagées pour la défense des éditeurs face aux plateformes numériques et opérateurs d’intelligence artificielle, afin de construire un cadre respectueux des droits des éditeurs et permettant d’assurer le partage de la valeur. «
Coup de rabot sur les aides à la presse
La Correspondance de la Presse révèle, dans son édition du lundi 14 septembre, que le Gouvernement cherche par tous les moyens à réaliser des économies. Et un décret publié le 10 septembre 2026 au Journal Officiel, présente des coupes de l’ordre du demi-milliard d’euros en annulation de crédits pour cette année 2026. Sur cette somme, plus de 2 millions auraient du être affectés à la mission « Médias, livre et industries culturelles. ». Or, cette mission compte notamment le programme 180 Presse et médias, avec nombre d’aides qui vont directement aux médias locaux.
L’économie de 2 M€ concerne les autorisations d’engagement (montants maximaux des dépenses que l’Etat peut s’engager juridiquement à financer). La Correspondance explique que « le décret ne précise ni les dispositifs d’aide ni les bénéficiaires concernés au sein du programme », mais rappelle que ‘le programme 180 Presse et médias finance les aides à la presse, les relations financières avec l’AFP et les médias de proximité. Il soutient également les radios associatives locales par le Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER). Il comprend aussi une dotation à la Compagnie internationale de radio et de télévision (radio Médi1). »
Impression : Maury en redressement judiciaire
Coup dur dans le monde de l’impression de la presse: le groupe Maury, pilier du secteur (il façonne chaque semaine 36 hebdomadaires nationaux, mais imprime que de millions de livres de poche, catalogues publicitaires, prospectus et magazines de collectivités territoriales) vient d’annoncer son placement en redressement judiciaire. Le marché de l’impression est en effet en plein bouleversement, frappé lui aussi par la baisse de la diffusion de la presse, mais aussi celle des livres et du matériel imprimé en général.
Fondé en 1850, ce groupe familial est le premier rotativiste offset de France. Il emploie actuellement près de 700 personnes. La restructuration engagée il y a deux ans, incluant notamment la fermeture d’un site industriel, n’a pas empêché d’arriver à cette décision. « Ce n’est pas seulement l’avenir de notre groupe qui se joue aujourd’hui, souligne le président du groupe, Pierre-Antoine Laporte, dans un communiqué; mais celui de la parution en kiosque d’un grand nombre de titres incontournables de la presse magazine française.«
Lactivité industrielle se poursuit sans interruption sur l’ensemble de ses sites pendant la période d’observation, malgré quelques débrayages sur certains sites du groupe.
Prix Varenne : plus que quelques jours pour candidater
Dernière ligne droite pour vos candidatures pour le prix Varenne 2026 ! La clôture des inscriptions pour le prestigieux prix porté par la fondation homonyme aura en effet lieu le 5 octobre 2026, avant les délibérations des jurys et la remise des prix en janvier 2027 à Paris.
Pour mémoire, le prix compte de nombreuses catégories, dont plusieurs dédiées à la presse locale (notamment la PHR et la PQR). Pour participer, les journalistes détenteurs de la carte de presse doivent envoyer une production (article, reportage vidéo, son ou photographique) publié entre le 2 septembre 2025 et le 1er septembre 2026. Toutes les informations utiles sont disponibles sur le site de la fondation.
1981 rachète des radios locales à Spia Ouest France
Hit West, Océane et Clazz changent de propriétaire. Ces radios; diffusant principalement siur l’ouest de la France (mais aussi bien sûr sur tout le territoire en numérique via le web) ont été vendues par le groupe Ouest France à un autre groupe spécialisé dans la radio, 1981. Ce dernier, présidé par Jean-Eric Valli, veut, selon les termes du communiqué, « développer un panel de radios thématiques aux identités spécifiques et marquées et des stations régionales s’appuyant sur des équipes ancrées dans leurs territoires« .
Les auditeurs ne devraient pas constater une grande différence, puisque 1981 a décidé de conserver les équipes et les lignes éditoriales de Hit West et d’Océane. En ce qui concerne Clazz (marqué jazz et musique classique), elle s’inscrit plus dans une démarche de « développement à long terme ». Cette vente permet en tout cas à Ouest France d’apporter un peu d’oxygène dans les comptes du groupe qui cherche par tous les moyens à réaliser des économies.