8,5% de plus pour les tarifs postaux en 2027 ?

Le 1er janvier 2027, les tarifs postaux vont-ils encore bondir de 8,5% pour les quotidiens et les hebdos ? C'est la piste retenue par le Ministère des finances...

8,5% de plus pour les tarifs postaux en 2027 ?

Le 1er janvier 2027, les tarifs postaux vont-ils encore bondir de 8,5% pour les quotidiens et les hebdos ? C'est la piste retenue par le Ministère des finances...

Le chiffre paraît être une (très mauvaise) blague. Mais il serait actuellement dans les tuyaux des ministères et des autorités compétentes. Selon La Correspondance de la presse qui a révélé cette information ce jeudi 29 octobre 2026, les tarifs pour le postage pourraient vivre, au 1er janvier 2027, une nouvelle hausse historique : +8,5 % pour toutes les publications urgentes (avec une distribution entre le jour J et J+2) et +5% pour les autres (J+4 et J+7). Tous les éditeurs « classiques » de presse locale, c’est dire les 300 journaux de PHR et de PQR seraient directement impactés par la hausse la plus forte. 
Il ne faut pas oublier que le 1er janvier 2026, une première flambée des tarifs, d’environ 7%, avait été appliquée par la Poste, un mois avant la date, et ce malgré un accord (cosigné par l’État, la presse et La Poste) qui aurait dû plafonner cette hausse à 2%. Pierre Archet, le président du SPHR, avait d’ailleurs expliqué lors du congrès 2026 à Annecy, que l’impact réel sur les titres avait été d’environ 15%…

Une hausse insoutenable pour la plupart des titres

Autant le dire de suite : une nouvelle augmentation, et de ce calibre, porterait un coup fatal aux titres locaux qui ne peuvent opter pour un réseau de distribution. Comment par exemple La Dépêche du Midi peut-elle organiser un réseau au fin fond  des vallées pyrénéennes ? En février 2024, elle annonçait renforcer son réseau sur des communes des Hautes-Pyrénées, tout en reconnaissant explicitement que que le livreur n’irait pas porter le quotidien aux  « adresses trop excentrées,sur ces communes« .
Le problème est encore plus ardu pour les hebdomadaires régionaux, situés sur des territoires encore moins peuplés, dont financièrement peu intéressants pour une livraison par portage, d’autant plus que la périodicité ne permet pas d’offrir un emploi stable aux colporteurs.

Quelle solution alors ? Peu d’autre alternative que de répercuter cette hausse sur les abonnés, dont le nombre est déjà en baisse et qui sont, comme tout le monde, impacté par le coût de la vie qui augmente. Une hausse minime, même de 5 ou 10 euros, peut interrompre la relation entre le titre et ses lecteurs. Et ce ne sont pas les recettes publicitaires, en chute libre dans la presse, qui pourront être une alternative sérieuse au manque à gagner.

Une hausse qui reste à approuver

Comme le signale La Correspondance de la presse, cette hausse de 8,5% n’est toutefois pas encore adoptée. « Le Ministère des finances aurait transmis ces jours-ci à l‘Arcep pour avis comme le prévoit la recommandation une demande d’homologation des nouveaux tarifs« , selon le quotidien professionnel. L’Autorité dispose d’un mois pour donner son avis. Et si les ministères concernés ne s’opposent pas dans les deux mois aux tarifs proposés, ils sont réputés adoptés. Ce qui nous mène à la toute fin de l’année…
Pour mémoire, l’Alliance de la presse d’information générale, qui suit ce dossier comme le dossier sur le feu, attend toujours la décision quant au recours au fond contre l’arrêté de décembre 2025 sur les tarifs 2026… Mais quasiment un an plus tard, le mal a déjà été fait pour les éditeurs comme pour les lecteurs.

Alors, certes, la ligne 180 pour l’aide à l’exemplaire posté verrait son montant augmenter de 3 M€ pour compenser -en partie- cette hausse incontournable dans les communes où il n’y a pas d’autre solution que la Poste. Mais, personne n’a encore la certitude que cette aide au numéro soit réellement revalorisée, en comptant sur la diminution globale du nombre de journaux vendus puis postés. Les éditeurs, en tout cas, se préparent à vivre une nouvelle fois des négociations aussi tendues que difficiles.

Laurent Brunel

Contact

Recevez les news de l'info locale

directement par mail