L’union fait la force. Et les médias locaux savent bien que, dans ces moments compliqués, ce vieil adage n’a jamais été autant d’actualité… Depuis octobre 2025, une poignée de sites éditeurs indépendants avaient décidé de porter ensemble leurs efforts, en créant une plateforme, la Presse libre, permettant de s’abonner en une seule fois aux huit titres, à un tarif bien inférieur que la somme que cela représente. Un coup d’essai qui n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, l’idée de la marque ombrelle Actu.fr qui permet de rassembler une centaine de médias locaux, principalement des titres de PHR et des pure-players.
Un an plus tard, la Presse libre semble se porter plutôt bien, puisqu’elle attire de nouveaux adhérents. Ainsi, La Déferlante, « revue de référence sur les enjeux féministes et les questions LGBTQIA+ » créée en 2021, a rejoint le groupement à la mi octobre 2026, devenant son neuvième média membre. « C’est un espace de mutualisation de nos forces dans un paysage médiatique dominé par quelques grands groupes« , assure la revue. « Cette union est particulièrement importante dans le contexte actuel.«
Marsactu et le Poulpe dans le mouvement
Mais ce 27 octobre, deux nouveaux médias ont également annoncé rejoindre la Presse libre. Il s’agit des pure players d’investigation Marsactu et Le Poulpe. Deux médias régionaux qui permettent ainsi également au groupement d’améliorer son maillage du territoire, puisque les trois Rue 89 (Strasbourg, Lyon et Bordeaux) et Médiacités (qui a des éditions à Lille, Lyon, Nantes et Toulouse) étaient déjà parmi les membres fondateurs.
« Toute l’année, les médias locaux alertent au plus près du terrain sur des sujets dont l’intérêt dépasse largement leur seul zone de couverture », assure La Presse libre dans un édito argumentant l’arrivée des nouveaux médias. « C’est sûrement loin de la capitale que l’on mesure au mieux les conséquences du dérèglement climatique, l’impact de l’austérité budgétaire, que l’on sent poindre la colère sociale.«
Du côté de la Canebière, on justifie aussi ce ralliement par l’aspect financier : « en ajoutant 4 euros par mois à votre abonnement Marsactu, vous pourrez désormais lire neuf autres médias indépendants !« . En effet, « par rapport à 2015 (année de création de Masactu, NDLR), l’offre de presse indépendante s’est considérablement enrichie et on ne peut que s’en réjouir. Mais cela crée forcément des frustrations, car le porte-monnaie n’est pas extensible. »
Au delà, l’équipe marseillaise juge que rejoindre La Presse libre « a du sens du point de vue de l’information. Par la sélection quotidienne qu’il propose, par ses newsletters ou ses vidéos, La Presse Libre offre un regard pluriel sur les enjeux de notre temps. »
Plus au nord, Le Poulpe, média local d’information normand créé en 2019, a su façonner une renommée depuis son lancement grâce au sérieux et à la qualité de ses enquêtes. rejoindre l’union semble donc une évidence, permettant de plus à donner une nouvelle amplitude à ses articles. Le Poulpe, tout comme Marsactu d’ailleurs, n’en est pas à son premier travail coopératif, puisque tout deux font partie de la palteforme On a déjà essayé lancée à la mi-septembre pour analyser le travail dans les mairies d’extrême droite, en vue des présidentielles de 2027.
Laurent Brunel