Le chantier : un journalisme pour construire l’avenir

La radio peut être un moyen de s'insérer dans la vie active. L'association créée par Benoît Bouscarel a pour vertu d'aider des personnes dans "la galère" tout en créant un contenu de qualité.

Le chantier : un journalisme pour construire l’avenir

La radio peut être un moyen de s'insérer dans la vie active. L'association créée par Benoît Bouscarel a pour vertu d'aider des personnes dans "la galère" tout en créant un contenu de qualité.
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Devenir journaliste radio nécessite-t-il de grandes études ? Benoît Bouscarel, créateur de la radio Le Chantier prouve le contraire. Dans un concept unique en son genre, la radio associative, qui a fêté en octobre dernier ses deux ans de présence sur la bande FM auvergnate, donne une chance aux personnes éloignées de l’emploi.
Au chantier, on accompagne quiconque de motivé vers un projet professionnel”, assure le cofondateur de l’association l’Onde Porteuse qui gère cet atelier chantier d’insertion (ACI).

« L’État préfère payer un salaire qui débouche sur un emploi plutôt que des allocations.» 

Benoît Bouscarel, créateur du Chantier

Les personnes n’ont rien à voir avec le monde du journalisme, décrit Benoît Bouscarel. Ce média est une passerelle entre leur vie précaire et le monde du travail.

Déboucher sur un emploi

Ces personnes en difficulté arrivées au Chantier trouvent leur voie dans la radio. Le micro aide à s’épanouir, prendre confiance en elles, être à l’aise à l’oral, travailler en équipe et avoir accès à une éducation aux médias. “C’est surtout la possibilité de toucher un salaire”, appuie le responsable de ces apprentis journalistes.
La radio vit dans le cadre de l’ACI que porte l’association l’Onde Porteuse. Environ dix personnes sont salariées au Smic, financé par l’Etat. “Ce système est vertueux car l’association n’a pas besoin de payer ces salaires. L’État préfère payer un salaire qui débouche sur un emploi plutôt que des allocations”, calcule-t-il.
D’après Benoît Bouscarel, 70 % des personnes passées par la radio obtiennent un emploi de plus de six mois. Ce processus de retour à la vie active est contrôlé chaque lundi par un conseiller en insertion professionnelle. De nouvelles personnes alors sont recrutées pour remplacer ceux qui trouvent une solution.

Un profil “hors des clous”

Avant d’entamer sa carrière à Radio France dirigée à l’époque par Jean-Marie Cavada, le Clermontois a développé sa propre station radio à 19 ans. La dénommée Radio Campus rencontre le succès dès sa création et perdure.

« L’idée de créer une radio a germé autour d’un café.» 

Benoît Bouscarel, créateur du Chantier

Cette réussite a permis à Benoît Bouscarel d’ouvrir les portes du journalisme malgré une politique d’embauche très stricte. “Les employeurs demandaient au minimum un bac +5. Moi, j’avais juste mon bac”, raconte-t-il.
Son profil “hors des clous” lui a permis de découvrir le monde pro à Châteauroux dans la locale de France Bleu Berry. Devenir animateur des émissions rock sur le Mouv puis éditorialiste politique sur France Culture.

Un pas de côté

Le Chantier est un média à son image qui accueille des personnes qui, comme lui, n’étaient pas prédestinées à être journaliste. C’est avec son amie, Charlotte Waelti, que l’aventure de l’Onde Porteuse en 2015 et du Chantier à partir de novembre 2017 a débuté.
“On s’est retrouvé pour les vingt ans de Radio Campus. L’idée de créer une radio a germé autour d’un café le lendemain”
, résume Benoît Bouscarel. Comme souvent en journalisme, le duo a fait un pas de côté pour trouver l’angle original : “On a pris la radio par l’autre bout, au lieu de suivre le chemin classique de celui qui parle vers l’auditeur, on s’est demandé ce que ça fait à ceux qui font de la radio.”

“Proposer de la qualité”

À Clermont-Ferrand, sur la fréquence 98  en FM, sont diffusées les émissions et podcasts de l’équipe de cette première radio inclusive de France. “Notre objectif n’est pas encore de faire de l’audience en nombre, précise l’ancienne voix de France Culture. On n’arrive pas encore à faire exploser notre plafond de verre, mais ça viendra avec le temps.
Depuis les studios, établis en centre-ville de la capitale auvergnate, la grille des programmes se dessine petit à petit. Une matinale, des émissions sous forme d’interview avec des invités. Surtout des podcasts qui contribuent à la notoriété et la qualité de la radio. “Christophe Crénel propose Magic Bolide, une émission musicale hebdomadaire de très grande qualité”.

Tourné vers l’avenir

Un autre podcast, Du Biscuit, consacré à la construction de l’information, est financé par le Ministère de la culture. Cela permet de payer les trois journalistes de la rédaction de Clermont-Ferrand et les trois autres installés à Nantes, Saint-Denis de la Réunion et prochainement à Paris, où les locaux sont d’ores et déjà acquis.
On veut montrer qu’on peut proposer de la qualité avec des gens en galère.” Des sujets sociétaux, sur l’environnement et la culture constituent la ligne éditoriale de la radio. Ces domaines sont remplis d’interrogations tournées vers l’avenir. Un futur qui reste à construire pour la radio. Comme celui des membres qui y prêtent leur voix. Un double chantier pour demain.

Benoît Bouscarel en 5 dates

1996 : création de Radio Campus à Clermont-Ferrand à 19 ans.
2000 : embauché chez France Bleu, puis au Mouv.
2013 : rejoint France Culture en tant qu’éditorialiste puis rédacteur en chef.
2015 : Création de l’association l’Onde Porteuse.
2017 : lancement de la radio le Chantier à Clermont-Ferrand.

Benoît Lesaulnier

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