Des aides à la presse locale maintenues jusqu’à fin 2027
Le 8 août 2026, le Gouvernement a prolongé dans le temps l’aide au pluralisme de la presse périodique régionale et locale, et ce jusquà la fin 2027. Concrètement, la date de fin prévue pour cette aide a été modifiée, passant de « 2025 » à « 2027 ».
Cette annonce, bien qu’attendue, est un soulagement pour les éditeurs de presse locale, et notamment de PHR. Car au minimum 85% des 1,5 M€ affectés à ce fond sont attribués aux hebdos locaux.
Des mises en demeure pour Marsactu
Eté chargé pour le pure-player d’investigation provençal Marsactu, avec deux mises en demeure qui lui sont tombés dessus au mois de juillet. En premier lieu, Renaud Muselier, président du conseil régional PACA qui a « agité la menace d’une demande de dommages et intérêts à pas moins d’un million d’euros« , selon le site, « pour avoir relayé dans une simple brève les informations de l’AFP (…) sur l’ouverture d’une enquête préliminaire le visant« .
Ensuite, Olivier Ledot, président du Delta festival, « mis en cause par plusieurs bénévoles et anciennes salariées pour des faits de violences sexuelles, qu’il conteste« , a donné au site « 24 heures pour retirer l’intégralité des publications liées. »
« Ce n’est pas aux concernés de décider ce dont on peut parler », affirme sur LinkedIn Julien Vinzent, le président de Marsactu, « et ce que vous ne devrez pas savoir.«
Le lancement de l’IA de Google fait réagir l’APIG…
Le 22 juiillet 2026, Google officiellement lancé en France (c’était de cas depuis quelques mois ou années ailleurs) Overview et le mode AI associé à sa barre de recherche. Des solutions qui porposent, en quelques lignes, une réponse générée par l’intelligence artificielle Gemini et qui, quasiment se suffit à elle-même (ce qui incite de nombreux internautes à ne plus cliquer sur les fameux liens de la page des réponses.
De nombreux médias ou organisations professionnelles ont réagi face à cette nouveauté, à commencer par l’Alliance de la presse d’information générale, qui a saisi début août l’Autorité de la concurrence. « Cette saisine, affirme l’APIG, ne ferme pas la voie à la négociation : elle vise à en rétablir les conditions. Le lancement de ces services confirme au contraire que les contenus de presse sont indispensables aux services d’intelligence artificielle générative.«
« Que l’intelligence artificielle se construise sur les contenus de la presse dit une chose simple : cette information a une valeur considérable. », complète Marc Feuillée, le président de l’APIG. « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. Faute de négociation équitable et transparente, nous saisissons les autorités chargées de la faire respecter.
…mais aussi le Spiil
Le Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (Spiil), ainsi que le CPA (Collectif pour les Acteurs du marketing digital) et le Geste (Groupement des éditeurs de contenus et de services en ligne) ont eux aussi réagi le 22 juillet à ces nouveautés imposées par Google « Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle «zéro clic», où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », expliquent-ils dans un communiqué publié sur LinkedIn.
« Cette situation est d’autant plus préoccupante que Google demeure tenu par les engagements souscrits devant l’Autorité de la concurrence dans le cadre des droits voisins. Alors même que ces engagements ont très vraisemblablement conduit à différer pendant plusieurs mois le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode en France, celui-ci intervient désormais sans évolution significative des garanties, ni ouverture de véritables négociations.«
Les trois groupements veulent lancer une mobilisation pour « maintenir la demande de clarification adressée à Google sur les modalités de déploiement, de fonctionnement et les effets d’AI Overviews et d’AI Mode« , mais aussi « observer et mesurer finement les effets d’AI Overviews et d’AI Mode sur les audiences. » Et encore « documenter rigoureusement et précisément leurs impacts économiques sur les éditeurs et l’ensemble de la chaîne de valeur du web ouvert. » Sans oublier de « préparer des réponses collectives graduées, en mobilisant les voies de dialogue et de recours les plus appropriées.«
…et des liens de moins en moins sollicités
Mais ces nouveaux outils Google ont-ils eu une incidence réelle et directe sur le comportement des internautes français ? La Correspondance de la presse, le 21 août dernier, a mis en lumière une étude réalisée par l’éditeur d’outils de référencement naturel et de marketing digital Ahrefs. Le quotidien porfessionnel explique que « sur l’ensemble des sites étudiés » (ceux générant le plus de clics en France, soit un petit millier), le CTR (taux de clics après impression) « a reculé de 3,4 % en neuf jours« . Mais il ne s’agit là que d’une moyenne car lors de recherches dans lesquelles les AI Overviews apparaissent sur plus de 20% des cas, le taux de clic a baissé jusqu’à 23,1 %. Soit une baisse réelle et conséquente de la décision de l’internaute d’aller plus loin. Les liens sont toujours présents, mais moins bien exposés et donc moins cliqués. Et cela se transforme en habitude pour l’internaute, ce qui est encore plus inquiétant.
Difficile pour l’instant de savoir si les sites d’informations sont vraiment touchés. Ceux touchant à la santé sont particulièrement concernés, les Français semblant trouver dans le résumé AI l’information suffisante sans avoir besoin de cliquer par ailleurs, ce qui a mécaniquement fait baisser les clics de plus de 20%.
De bons chiffres de fréquentation pour la presse locale en juillet
La dernière livraison de l’ACPM (Association pour les chiffres de la presse et des médias) pour la fréquentation des sites et applications en France (juillet 2026) a donné le sourire à de nombreux éditeurs de presse locale. Le groupe Ouest-France domine toujours le classement avec plus 227 millions de visiteurs sur le mois. A la 6e place, l’autre marque du même groupe, Actu.fr, réalise un retour en force remarquable, en dépassant à nouveau les 120 millions de visiteurs. Depuis quelques mois, la marque affichait des résultats inférieurs (peut-être dus au passage partiel en payant). Mais ce retour en force laisse augurer de bons chiffres pour l’avenir. Le Parisien, la Dépêche du Midi et Sud Ouest sont également dans ce Top 10 des marques les plus viistées.
Une journaliste de Nice Matin agressée par un élu
Le vendredi 7 août, le quotidien Nice Matin a révélé l‘agression d’une de ses journalistes quelques jours plus tôt. Cette dernière couvrait le mercredi à Cagnes-sur-Mer un incendie qui avait ravagé des serres. « Sur place, explique le journal dans un article, elle constate la présence sous certaines serres de carcasses de voitures de luxe incendiées, ainsi qu’une banderole faisant état d’une activité de garage. Elle est prise à partie, avec une riveraine engagée dans le monde associatif qu l’accompagne, par le propriétaire du terrain. Le fils de ce dernier, Ugo Massi, agriculteur sur l’exploitation et conseiller municipal, a ensuite bousculé et projeté au sol la journaliste avant de lui arracher son téléphone, selon le récit du directeur de la rédaction. Ce sont des proches de l’élu, délégué à la jeunesse, qui ont fini par exfiltrer la journaliste et lui restituer son téléphone, selon la même source qui précise qu’une plainte a été déposée. »
« Sollicité par l’AFP, M. Masson a appelé à « attendre sereinement » les conclusions de la justice, disant ne disposer « d’aucun élément objectif » sur les faits. La journaliste de Nice-Matin précise de son côté que l’élu lui a téléphoné quelques heures après les faits pour lui présenter des excuses reconnaissant « avoir porté la main sur elle ». »
Mbappé achète de la pub dans la PQR
On l’attendait partout sauf là ! Le lundi 27 juillet, Kilian Mbappé a surpris nombre de lecteurs de la PQR. L’international français a en effet acheté une pleine page de publicité dans de nombreux titres de PQR (ainsi que dans l’Equipe). Cette page est une lettre ouverte, sobrement intitulée « Merci », quelques jours après le parcours jusqu’en demi-finale des Bleus lors de la Coup du monde de football. Un choix original, mené avec une agence de communication, qui rompt avec ses canaux habituels de communication (essentiellement les réseaux sociaux dont Instagram), avec la volonté de toucher, selon le Parisien, un public plus âgé. Est-ce que ça pourrait donner des idées à d’autres personnalités publiques ?…
Bretons passe en bimestriel
Changement de rythme pour Bretons. Le magazine édité par Sipa-Ouest France est, depuis cet été, un bimestriel (au lieu de mensuel) et adopte « un format enrichi qui permettra de développer à chaque parution un dossier centra consacré à l’une des questions majeures qui traversent la société bretonne. » Le titre avait fêté l’an dernier ses vingt ans d’existence.
Une enquête en ligne sur des cold cases cartonne
Chaque été, les Français semblent complètement passionnés par les affaire de faits divers. Pour preuve, l’incroyable carton réalisé en 2020 par le magazine Society sur l’affaire Dupont de Ligonnès. Depuis, de nombreux titres se lancent sur ce filon avec plus ou moins de succès. Cet été, actu.fr a affiché un résultat remarquable avec son enquête sur les disparus de l’Adour. Le dossier, réalisé par Camille Lalande, Sébastien Cornet et Esteban Laurens, et publié le 23 juillet, affichait ce 20 août pas moins de… 2 millions de vues (dont 1,7 million en seulement une semaine) ce qui est exceptionnel pour un site dédié à la locale.
« Notre force sur ce dossier, estime Margot Delpech, rédactrice en cheffe adjointe Actu Nouvelle-Aquitaine, c’est le « feuilleton » avec des papiers depuis 2021 qui ont permis, je suppose, de mieux référencer nos nouveaux papiers de cet été. On avait des témoignages, des photos… et de nouveaux éléments avec la venue des Américains, info quand même assez insolite sur deux disparitions qui ont marqué pendant des années la population locale au Pays basque. L’info a circulé en locale, mais surtout elle a explosé quand elle est devenue nationale.«
Douze mois sur l’Europe chez Rossel
Les titres édités par le groupe Rossel (La Voix du Nord, le Courrier picard, Nord littoral...) ont lancé en août l’opération « Vivre l’Europe : ce qu’elle change dans votre quotidien ». Cette innovation éditoriale veut avant tout reconnecter les Français (et les lecteurs) à cette institution qui paraît trop souvent lointaine et complexe. Elle sera planifiée sur un an et réalisée en partenariat avec le Parlement européen, mêlera de nombreux reportages, des entretiens, des débats… à travers une dizaine de thématiques, à raison d’environ une par mois. Première traitée : le réchauffement climatique, particulièrement d’actualité.
Numérique : l’Australie impse une aide aux médias locaux
Et si la France s’inspirait de la lointaine Australie pour aider les titres de presse locale à surmonter le pillage de leur contenu par les géants de l’internet ? L’île continent a en effet adopté ce jeudi 20 août une loi qu’elle préparait depuis le printemps, et qui lui permet de taxer, à hauteur de 2,25% de leurs revenus publicitaires, les plateformes numériques qui ne signeraient pas d’accords commerciaux avec les médias locaux (pour reprendre leurs publications, notamment dans les résumés AI).
Meta, Tiktok ou encore LinkedIn sont les principales entreprises visées par cette réglementation, dont les recettes générées iront directement dans les comptes des médias locaux.Pour échapper à cette taxe, chacun des géants du net doit signer un minimum de huit accord, sachant qu’aucun d’entre eux ne doit dépasser les 25% du montant total dû.
Cette nouvelle loi vient corriger l’ancienne qui avait un défaut majeur : pour y échapper, les plateformes avaient purement et simplement enlevé des résultats des recherches les thèmes liés à l’actualité. Désormais, impossible pour elle d’utiliser cette ficelle un peu groisière…