Romain Lambert, nouveau directeur des hebdos d’EBRA : « La société a évolué, nos titres doivent le faire aussi. »

Nommé directeur des hebdomadaires du groupe EBRA (L'Indépendant du Louhannais et du Jura, la Tribune de Montélimar, le JTT et la Maurienne), le trentenaire livre ses ambitions et sa vision sur les hebdos du groupe.

Romain Lambert, nouveau directeur des hebdos d’EBRA : « La société a évolué, nos titres doivent le faire aussi. »

Nommé directeur des hebdomadaires du groupe EBRA (L'Indépendant du Louhannais et du Jura, la Tribune de Montélimar, le JTT et la Maurienne), le trentenaire livre ses ambitions et sa vision sur les hebdos du groupe.
Romain Lambert, auparavant directeur et rédacteur en chef de l'Indépendant a été nommé directeur des quatre hebdos d'EBRA

C’est un fait : quand des hebdomadaires font partie d’un grand groupe de presse, le plus souvent suite à des rachats, ils sont loin d’être la priorité. Les quatre titres propriétés du groupe EBRA pourraient connaître une nouvelle jeunesse grâce à la nomination de Romain Lambert à leur tête. Ce jeune dirigeant va-t-il dupliquer la formule gagnante qui lui a permis de décrocher une Etoile OJD/ACPM lorsqu’il emmenait la rédaction du L’Indépendant du Louhannais ?

Quel a été votre parcours au sein du groupe EBRA ?

J’ai commencé à l’Indépendant du Louhannais en tant que correspondant de presse en 2009 et je n’ai pas cessé d’écrire des articles depuis. Je suis devenu directeur du journal et puis directeur et rédacteur en chef en 2023. Et depuis septembre 2026, j’ai été nommé directeur des quatre hebdos du groupe EBRA, c’est-à-dire l’Indépendant du Louhannais et du Jura, la Tribune de Montélimar, le JTT (Journal de Tain-Tournon) et la Maurienne.

Vous êtes plutôt jeune comparé à la moyenne d’âge des éditeurs. Cela vous fait-il peur ?

Je ne me rends pas bien compte ! En revanche, j’étais le plus jeune directeur d’un journal de presse écrite à l’âge de 25 ans. Pour la peur, oui, un peu, car on a envie de bien faire. Après, je pense que tout ce qui est technique, je le maîtrise. Il faut toutefois faire des mises à jour et s’adapter en fonction des territoires.  

Aujourd’hui, nombre de titres de PHR sont en danger ou disparaissent. Qu’allez-vous faire en tant que directeur de ceux du groupe EBRA ?

En fait, je pense qu’il faut sans cesse se renouveler pour ne pas tomber dans le train-train quotidien. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en dehors des murs de la rédaction, à l’extérieur, la société évolue. Et nous, si on n’évolue pas en même temps qu’elle, à un moment donné, un décalage se crée entre ce qu’attendent les lecteurs et ce qu’on leur propose. Alors, il faut sans cesse apporter de la nouveauté. Mais comme disait Lavoisier, « rien ne se crée, tout se transforme ». Il y a des idées qu’on reprend parfois d’autres rédactions. Il y a des vieilles recettes qui fonctionnent toujours pour créer de l’interactivité, des choses comme la photo du jour ou des rubriques sur le patrimoine. Sans oublier les formats un peu plus insolites, comme le « j’ai déjeuné avec vous », ou des « j’ai testé pour vous » un petit peu décalé. Enfin, il faut aussi savoir surprendre le lecteur.

Il y a forcément eu des changements pour vous après cette nomination. Quels-sont-ils ?

La charge de travail ! Et puis, c’est vrai qu’il faut être un peu sur tous les fronts, c’est parfois compliqué. Il faut définir des priorités. Il y a des choses qui méritent d’être revues, c’est vrai qu’on ne peut pas tout révolutionner en même temps. Forcément, j’arrive avec ma patte et plein d’idées, avec surtout la volonté de reconquérir le lectorat.

Quelles sont les priorités sur l’aspect éditorial ?

Le but est de re-animer les rédactions, de redynamiser un peu les choses. Il faut aussi se réinterroger sur des pratiques que l’on fait perdurer sans se poser la question de leur pertinence. On m’a demandé d’appliquer la recette de l’Indépendant sur les autres hebdomadaires. Voilà. Et cela, c’est avant tout pour le print.
On a aussi un projet numérique qui va arriver fin 2027, ce qui me laisse un an pour réorganiser le print en gardant les spécificités de chaque titre.  Toutefois, il y aura une certaine harmonisation des hebdos. Une maquette commune, par exemple, ça permettra aussi d’avoir des rubriques santé ou jeux communes aux quatre titres.

Après, il y a des bonnes pratiques, comme celle d’unir les compétences. Les rédactions pourront s’échanger des trucs et astuces sur l’écriture d’un bon titre ou la recherche d’illustrations. Tout ceux qui ont des bonnes idées doivent pouvoir les partager avec les autres.

 L’Indépendant n’a pas de site Internet, un projet est dans les tuyaux pour fin 2027. Quel est votre regard sur les sites Internet de PHR ?

Je dirais que pour créer du trafic sur les sites, on est obligé d’avoir un modèle mixte : il doit y avoir des articles payants et des articles gratuits. Le problème, c’est qu’avec le gratuit, on perd une partie des lecteurs en capacité de payer un abonnement. Je me souviens quand le quotidien concurrent à L’Indépendant avait développé leur site Internet, beaucoup de gens que je rencontrais qui me disaient arrêter l’abonnement au quotidien, car la seule lecture des articles gratuits leur convenait. C’est vrai que des fois, pour des petites diffusions comme les nôtres, est-ce que ce n’est pas scier la branche sur laquelle on est assis depuis de nombreuses années avec un site Internet ? Un modèle économique suffisamment rentable pour payer tous nos journalistes sur le web, n’a pas été trouvé. Sinon, tout le monde le copierai. Après, c’est vrai qu’il y a Actu qui se développe pas mal mais, on ne peut pas rivaliser avec eux et leur force de frappe A nous d’inventer un. nouveau modèle.

Servane GAGET--WESTRELIN

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