Ce devait être une vente pour offrir un nouvel avenir à ces télévisions locales. Et permettre en même temps de renflouer les caisses de CMA Média. Mais les choses ne semblent pas être allées du tout dans la bonne direction… Le groupe de médias de Rodolphe Saadé a annoncé ce mercredi 30 septembre qu’il renonçait finalement à vendre les chaînes locales de BFM (Lyon, Marseille Provence, Grand Lille, Grand Littoral, D’ici -Alpes du Sud et Haute-Provence-, Toulon Var, Nice Côte d’Azur, Alsace et Normandie).
La raison : l’absence de repreneurs sérieux pour la totalité du bouquet, le groupe ayant signalé voilà une dizaine de jours qu’il ne souhaitait pas réaliser de vente à la découpe. Un communiqué interne diffusé le 30 septembre explique qu' »aucune condition de reprise offrant des perspectives suffisamment solides et sécurisées pour l’activité et les équipes n’a été réunie ». Un communiqué signé Claire Léost, la directrice générale de CMA média dont on a appris, ce jeudi 1er septembre, qu’elle quittait le poste, pour être remplacée dès le lundi 5 octobre par Camille Andrieu, qui était jusqu’alors son adjointe.
Des economies et un changement de ligne éditoriale
Mais CMA Media, s’il renonce à la vente, ne renonce pas aux économies. Ainsi, deux chaînes (Normandie et d’Ici -Alpes du Sud et Haute-Provence) vont cesser purement et simplement d’émettre. De leur côté, Grand Lille et Grand Littoral vont devoir se rapprocher (on peut imaginer de nombreux programmes en commun dans un proche avenir), de même que Marseille Provence, Toulon Var et Nice Côte d’Azur.
Mais ce n’est pas tout : l’angle info locale de tout genre va être réorienté vers l’économie. Le communiqué indique que le projet éditorial nouveau « s’appuiera sur la connaissance du terrain et l’expertise des équipes pour développer, aux côtés de BFM Business et de La Tribune, une offre davantage consacrée à l’économie, aux entreprises et aux transformations des territoires. »
« Le projet et ses conséquences sociales feront l’objet d’une procédure d’information-consultation » qui s’ouvrira dans une quinzaine de jours, explique la dirigeante. Mais d’ores et déjà, les 160 salariés se posent des questions sur leur avenir. Et ceux des antennes qui vont fermer ont décidé de passer à l’action. Les programmes de BFM Normandie étaient par exemple suspendus ce jeudi 1er octobre, un bandeau annonçant un « mouvement social ».