Le paradoxe est bien connu de tous les professionnels des médias, mais pas sûr que les usagers, les lecteurs, possèdent les clés pour le comprendre : pourquoi la presse, dont celle de proximité, alors qu’elle n’a jamais eu autant de lecteurs, est-elle plongée dans une crise qui menace clairement son existence ? La Voix du Nord a tenté, ce dimanche 30 août 2026, de répondre cette question au travers d’un dossier de trois pages qui explique simplement et de manière claire la situation vécue à l’heure actuelle par les médias.
« L’information n’a pas de prix », confirme Stéphanie Zorn, la rédactrice en chef du quotidien nordiste dans son édito. « Produire une information fiable, indépendante et utile a un coût. » Et de rappeler, pour ceux qui auraient encore des doutes, l’utilité et la pertinence de la presse locale : « Avant notre enquête sur l’affaire Delfosse, deux victimes étaient recensées. La justice fait aujourd’hui état de 26 plaintes.«
« A l’heure où les algorithmes tendent à enfermer chacun dans ses centres d’intérêt, nous voulons rester un journal qui parle de tout à tous, qui permet de comprendre ce qui se passe au coin de la rue comme au bout du monde, Dans un monde saturé de contenus, de fausses informations et de tentatives d’influence, notre responsabilité est d’établir les faits, de confronter les versions et de donner les clés pour comprendre.«
Alors, pour expliquer les tenants et aboutissants de la crise de la presse, La Voix du Nord se lance dans une explication simple -et non simpliste-en cinq points : « la crise des médias ne date pas d’hier« , « la presse est de moins en moins lue« , « Google, Facebook et les autres versent déjà de l’argent à la presse« , « ce n’est pas si grave, les journaux continuent de paraître« , ou encore « l‘IA générative fait peser un risque pour l’économie des médias« . Un jeu de vrai-faux complété par une série de graphiques mettant en confrontation la hausse de la diffusion (pour La Voix du Nord comme pour d’autres médias de PQR) et la baisse du nombre d’exemplaires vendus.
« Toute information mondiale est aussi locale, quelque part », commente Pierre Pétillault, le directeur de l’APIG (Alliance de la presse d’information générale) dans une interview complétant ce dossier. « Il faut donc des professionnels, pas trop loin de chez eux, pour raconter ce qu’il se passe. Les journalistes de presse régionale ont une vraie carte à jouer, parce qu’ils vivent avec leurs lecteurs. Et si demain il n’y a plus de journalistes, on pourra toujours demander à l’intelligence artificielle : l’information n’existera pas. L’IA ne va pas sur le terrain. » Une évidence bien connue par les 300 journalistes de La Voix du Nord, mais dont les lecteurs n’ont peut-être pas conscience…