Voisins-Nachbarn, l’info locale… internationale !

Voisins-Nachbarn : cela sonne comme un média franco-allemand. Est-ce le cas ? Oui et non. C’est bien un média bilingue, mais il concerne la grande région transfrontalière dans son ensemble : l’Alsace, la Lorraine, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique et la Sarre.

Voisins-Nachbarn, l’info locale… internationale !

Voisins-Nachbarn : cela sonne comme un média franco-allemand. Est-ce le cas ? Oui et non. C’est bien un média bilingue, mais il concerne la grande région transfrontalière dans son ensemble : l’Alsace, la Lorraine, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique et la Sarre.
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Peut-on faire un site unique d’info avec une diffusion sur cinq pays différents parlant en plus des langues différentes ? La réponse est oui, avec un exemple franco-germano-suisso-luxembourgeois, Voisins-Nachbarn. Il s’agit d’un site d’information bilingue à destination des professionnels. Le contenu paraît chaque semaine en trois éditions distinctes, le lundi, mercredi et vendredi, qui traitent de l’économie, de l’aménagement du territoire et de la culture dans l’espace frontalier.

Le site est intégralement traduit en français et en allemand

« Voisins-Nachbarn est indirectement né du Covid », s’amuse sa cofondatrice Pascale Braun. Journaliste, correspondante pour des titres de presse nationale économique et spécialisée, elle est l’auteure du livre Grand Est, L’Europe entre voisins, paru en 2016 chez Correspondances Lorraines (20 euros). Elle-même lorraine, elle lance Voisins-Nachbarn en 2021 avec Christian Robischon, un collègue alsacien. 

Un média en mouvance

« Le projet était de faire tout l’inverse du livre », sourit-elle, « après une publication multithématique unilingue, nous voulions sortir des publications thématiques bilingues ». Mais en pleine pandémie, les publications auraient été « périmées dès leur parution ». C’est à ce moment-là que le site a vu le jour, multithématique et bilingue.

L’objectif ? Traiter l’information comme s’il n’y avait pas de frontière physique dans cet espace qui va de la Wallonie à Bâle en passant par le Grand Est, le Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat et le Pays de Bade. C’est le premier site d’information transfrontalière en France. Il s’adresse aux professionnels, aux associations, aux entreprises et aux bureaux d’études. Pascale Braun explique : « J’ai toujours travaillé en presse professionnelle, ça évite selon moi le risque de démagogie et celui de traiter des choses qui ne nous intéressent pas. » Sans s’adresser directement aux particuliers, il revendique cependant la volonté de rester accessible à tous.

Combien de voisins ?

Voisins-Nachbarn, ce sont plus de 450 000 vues depuis le début de l’année, avec une multiplication par deux de l’audience depuis janvier. La zone de diffusion s’étend sur cinq pays et huit régions, soit 18 millions d’habitants et 760 kilomètres de frontières.

Place au numérique

Aujourd’hui, le média est « 100% pureplayer ». Les journalistes, tous pigistes, se réunissent à chaque semaine pour une conférence de rédaction. Mais de quel côté de la frontière ? « La conférence se fait en visio », explique Pascale Braun, « et pour ce qui est de la langue, tous les journalistes ne sont pas bilingues. Les Allemands écrivent en allemand, et les Français en français. »

Près de 1500 personnes reçoivent la newsletter

Le contenu étant dupliqué dans les deux langues, tous les articles sont traduits, à l’aide du traducteur en ligne DeepL. « L’outil est très pratique et a fait beaucoup de progrès, mais il laisse parfois passer de grosses erreurs, on ne peut pas prendre ce risque. » Les journalistes relisent donc mutuellement les traductions des articles de leurs confrères.

Le site est disponible en français et en allemand.

Voir un peu plus loin

L’abonnement est au prix de 120 euros pour un an, et donne accès aux articles privés du site ainsi qu’à la newsletter. En un an, plus de 1200 articles ont été publiés sur le site et la newsletter compte près de 1500 abonnés. Financièrement, le modèle économique de Voisins-Nachbarn est « compliqué ». Mais même avec « juste assez de partenariats pour survivre ». Sa fondatrice ne manque pas d’idées pour la suite : « Si on arrive à avoir les moyens de nos ambitions, on pourrait créer un deuxième site. La réelle valeur ajoutée serait une revue de presse transfrontalière. »

« Nous aimerions développer ce concept de presse transfrontalière bilingue sur d’autres frontières, nationales ou même internationales »

Pascale Braun, cofondatrice de Voisins-Nachbarn

A terme, les publications thématiques bilingues initialement imaginées devraient voir le jour, idéalement à un rythme de deux par an. D’ici-là, le site sert aussi à « accumuler de l’information avant de pouvoir la publier ».

Marion Sillion

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