L’été, les hebdos locaux se mettent à la p(l)age

De nombreux hebdomadaires font le choix de proposer des suppléments lors de la période estivale. Consacrés aux festivals, aux sorties, au patrimoine ou même aux vins, le modèle plaît aux lecteurs habituels et vacanciers de passage.

L’été, les hebdos locaux se mettent à la p(l)age

De nombreux hebdomadaires font le choix de proposer des suppléments lors de la période estivale. Consacrés aux festivals, aux sorties, au patrimoine ou même aux vins, le modèle plaît aux lecteurs habituels et vacanciers de passage.
supplément d'été la Gazette
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Pour commencer ce petit tour de France, prenons la direction de la Bretagne. En plein cœur de l’Argoat,  à  l’Hebdomadaire d’Armor, depuis plus de dix ans, la rédaction tente de conforter la vente au numéro. En ce sens, l’été est synonyme d’idées de sorties à proposer aux locaux et aux curieux de passage. Delphine Jeannest, journaliste, explique que le supplément fonctionne si bien qu’il a continué de paraître même pendant la pandémie de coronavirus.

Format agenda

La formule est simple : le petit guide de 24 pages est tiré à 10 000 exemplaires (à titre de comparaison, l’Hebdomadaire d’Armor tire chaque semaine quelque 6000 journaux. En début d’étét, la rédaction encarte une copie par journal tandis que les exemplaires restants sont distribués dans les points stratégiques de passage du territoire (office tourisme, zones de loisirs…). Gratuit, le guide est financé par la publicité vendue par le journal. C’est un « véritable agenda de loisirs, de sorties et de fêtes », souligne Delphine Jeannest. Des marchés feux artifices, le supplément est le résultat d’un gros travail de prospection. « Plus les années passent, plus il faut le préparer a l’avance« , ajoute la journaliste. Dès le mois de septembre, la rédaction doit reprendre contact avec les grosses structures qui prendront place dans l’agenda de l’été suivante. Pour les plus petites, cela attendra le mois de janvier. « Sans oublier les réveillés de dernière minute ! Ceux qui ne répondent pas aux mails puisque veulent faire partie du supplément au dernier moment…« 

Maître mot du projet : initier des partenariats gagnant-gagnant. « Les parcs de loisirs, par exemple, peuvent nous donner des entrées à faire gagner aux lecteurs. Mais ce procédé entraîne souvent un acte d’achat derrière pour les gagnants qui se rendent sur place en famille…« , précise la rédactrice. Une formule qui semble fonctionner. Le supplément est un rendez-vous attendu chaque année, puisqu’il permet en outre de mettre la lumière sur une zone plus délaissée du territoire breton : « Beaucoup de titres en Bretagne sont concentrés sur les côtes. Il faut créer une osmose, tourner l’énergie et créer du mouvement des cotes populaires et touristiques vers les terres« , conclue Delphine Jeannest.

Mettre en avant une région

« C’est notre rôle de mettre en avant notre territoire ». Beaucoup plus au nord, Olivier Hurbin, journaliste à l’Observateur du Douaisis, insiste sur la nécessité d’utiliser cette période estivale pour dynamiser la région couverte par l’hebdomadaire. C’est pourquoi les locales ont fait le choix de s’aider des communes, premières concernées par l’attraction touristique suscitée par les vacances d’été. Dans les années 2000, Olivier Hurbin, à l’époque jeune journaliste, imagine un « Dossier patrimoine » de quatre pages proposé l’été pour permettre aux gens qui ne connaissent pas le village d’à côté pour mettre en avant le patrimoine très riche de la région. Les années ont passé, et le bénéfice reste important : les élus ont compris l’intérêt de mettre en avant leurs communes via ces partenariats uniques, tandis que journalistes et intervenants (archivistes, passionnés d’histoire…) proposent un supplément de bonnes idées de sorties aux lecteurs. « Les quatre pages sont rapidement devenues des incontournables », insiste Olivier Hurbin. Les gens découvrent juste à côté de chez eux,  des activités, des randonnées, ou des richesses économiques les partenariats existants. Les communes reprennent généralement place dans les journaux hebdomadaires pour une, deux voire trois années supplémentaires…Preuve de l’efficacité d’un tel dispositif. « Sur deux mois, donc neuf semaines, les quatre pages patrimoine hebdomadaires sont consacrés à chaque fois à une commune. »

Dans la peau du lecteur

Direction le grand Sud, à la Gazette Ariégeoise, située sur la commune de Foix en Ariège. L’équipe a fait le choix de proposer deux suppléments gratuits chaque été : la Gazette des festivals, d’un côté, car le département n’en manque pas. Puis, « ce qui demande un travail vraiment plus intense« , d’après Cécile Dupont, l’éditrice de l’hebdomadaire, le guide « Balades et Piques Niques proposé chaque année aux abonnés et aux curieux de passage sur le territoire. Disponible dans les locaux du journal pour les visiteurs, ainsi que dans les points stratégiques du tourisme ariégeois, ce travail bénévole est même testé lui-même par la rédaction…des promenades aux photos d’illustration !

Clara Bousquet

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