Chez l’Ami hebdo, l’alsacien et l’allemand restent à la page

En 2014, l'Office pour la langue et culture d'Alsace (OLCA), recensait 600.000 locuteurs du dialecte alsacien. Le journal hebdomadaire L'Ami du Peuple continue de s'adresser à ce public avec des rubriques en alsacien et en allemand.

Chez l’Ami hebdo, l’alsacien et l’allemand restent à la page

En 2014, l'Office pour la langue et culture d'Alsace (OLCA), recensait 600.000 locuteurs du dialecte alsacien. Le journal hebdomadaire L'Ami du Peuple continue de s'adresser à ce public avec des rubriques en alsacien et en allemand.

Salü bisàmme ! wie geht’s ? » (Salut tout le monde ! Comment ça va ?), dans les villages alsaciens, il reste très fréquent d’entendre les habitants utiliser le dialecte mêlé à du français pour discuter. L’hebdomadaire régional L’Ami du Peuple veut faire perdurer cette culture régionale dans les pages de son journal chaque semaine.

« On ne peut pas dissocier l’Alsace de l’Allemagne et de l’Alsacien », affirme Christine Nonnenmacher, rédactrice en chef de L’Ami du Peuple. La rédaction de cet hebdomadaire catholique basé à Strasbourg et Mulhouse donne encore une très grande importance dans ses pages aux spécificités régionales de l’Alsace. On y retrouve en effet chaque semaine une page complète en allemand ainsi qu’une demi-page de « flânerie lexicale » en alsacien. Des rubriques ancrées dans l’ADN du journal ainsi que dans la ligne éditoriale.

Chaque semaine, les abonnés de l'Ami hebdo retrouvent leurs rubriques en alsacien et allemand. ©Aglaé Kupferlé

« La page en allemand existe depuis les années 1960, au départ c’était une page didactique plutôt pour les enfants. Ce n’est plus vraiment le cas, mais on a voulu garder cet esprit de page écrite dans un allemand facile pour que le grand public puisse la lire aisément », rajoute la rédactrice en chef, germanophone et rédactrice de cette page nommée « Mach mit » (participe). On retrouve par exemple une explication du temps du Ramadan ou la réussite d’une cueillette de l’ail des ours avec toujours en complément un lexique. « On a des retours d’enseignants en filière bilingue ou de personnes en apprentissage de la langue qui disent garder précieusement nos articles », se félicite la rédactrice en chef.

« Les Alsaciens continuent de s’intéresser à leur patrimoine régional. »

Une partie de la page en allemand est aussi plus légère, « mais c’est sûrement à cette partie que tiennent le plus nos lecteurs », souligne Christine Nonnenmacher. En effet, chaque semaine, l’hebdomadaire diffuse la suite d’un roman en allemand sous forme de feuilleton. « Ce sont des histoires à l’eau de rose, de famille ou d’amis qui se déroulent en Bavière. Nos lecteurs les suivent avec passion, y étant aussi fidèles que pour le même genre de séries sur les chaînes allemandes à la télé. »

Pour la rubrique en alsacien, c’est une linguiste de la région, Danielle Crévenat-Werner, qui la rédige depuis 20 ans. Elle décrypte chaque semaine une notion du dialecte, parfois sur plusieurs semaines. « Le dialecte est vraiment une composante culturelle de notre région. Même si les jeunes habitants le parlent de moins en moins, les Alsaciens continuent de s’intéresser à leur patrimoine régional », rapporte la rédactrice en chef.

Un dictionnaire français-alsacien

La rédaction a même eu l’idée de développer un « Elsadico », alimenté par Raymond Bitsch, traducteur et défenseur du dialecte alsacien. On peut y traduire 3333 mots du quotidien dans le dialecte régional. Et pour les plus curieux qui voudraient s’entraîner à parler alsacien, la prononciation est disponible en audio pour chaque recherche. De quoi proposer un retour aux sources à certains alsaciens qui auraient perdu la fibre. Aller, Bis bàll min Frind ! (À bientôt mon ami !)

Aglaé Kupferlé

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