Le programmes des candidats à l’Elysée pour la presse
Six mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, les candidats (ou leurs représentants) étaient invités à Paris, mercredi 14 octobre, par l’Alliance de la presse d’information générale (APIG). Face à eux près de 200 patrons et représentants des 350 médias regroupés au sein de l’Alliance. D’une part, ils étaient invités à réagir aux 9 propositions réalisés par l’APIG pour « garantir le droit d’être informé », mais aussi à expliquer leur visions des aides ou soutiens qu’ils apporteraient à la presse, une fois élus.
A la tribune, donc Gabriel Attal (Renaissance), Boris Vallaud, pour Raphaël Glucksmann (Parti socialiste et Place publique), Bruno Retailleau (Les Républicains), Manuel Bompard, pour Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Philippe Ballard, pour Marine Le Pen (Rassemblement national) et Édouard Philippe (Horizons). En ce qui concerne les aides à la presse directes, Gabriel Attal et Bruno Retailleau veulent les maintenir. Boris Vallaud souhaite plutôt les réorienter, tandis que Manuel Bompard exige des critères sociaux et déontologiques. La position du RN est plus tranche Rassemblement national entend les supprimer en cinq ans, en conservant le taux réduit de TVA. Philippe Ballard, visiblement peu au fait des réalités économiques des médias régionaux, invite la presse à miser sur le tout numérique (et donc arrêter les éditions imprimées)… Les éditeurs régionaux ont, eux, défendu la place du papier et sa bonne distribution, car le journal traditionnel, en perte de vitesse, constitue encore souvent un lien indéfectible entre la presse et des publics âgés ou ruraux. Et surtout représente 80 à 90% du CA de la PQR ou de la PHR…
En ce qui concerne la distribution, Gabriel Attal veut rénouveller lle protocole entre l’État, La Poste et les éditeurs. Bruno Retailleau défend plutôt un contrat pluriannuel plafonnant les hausses tarifaires. Édouard Philippe veut quand à lui revoir le modèle économique.
A propos des amendes infligées aux plateformes numériques, Boris Vallaud et Bruno Retailleau veulent les affecter à la presse les amendes infligées aux plateformes. Boris Vallaud et Manuel Bompard veulent orienter une partie des investissements publicitaires vers la presse.
Enfin, au sujet de l’IA, il y a un relatif consensus. Les candidats soutiennent globalement la proposition de loi de Laure Darcos établissant une présomption d’utilisation des contenus (réalisés par les éditeurs) par les fournisseurs d’IA
AI Overview : -23% sur les sites d’info
Le classement de la fréquentation des sites et applications contrôlés et certifiés au mois de septembre 2026, publié par l’ACPM (Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias) le 8 octobre, a montrée une réelle plongée pour les médias, entre 2025 et 2026. Les sites perdent en moyenne 22,9% de leurs audiences. Avec par exemple -9,6% pour Ouest France (qui reste leader), -10,7% pour Actu.fr, -40,9% pour le Parisien ou -40,1% pour la Provence.
Des chiffres assez catastrophiques, qui s’expliquent d’une part par une actualité plus faible en septembre 2026 qu’en 2025, mais aussi et surtout par l’apparition de AI Overview sur Google, une fenêtre qui, depuis juillet 2026, arrive en tête de page lors d’une recherche et qui, grâce à l’intelligence artificielle, propose un résumé de la réponse, largement suffisant dans la plupart des cas, et quelques (petits) liens. De sorte que les internautes sont bien moins nombreux à cliquer sur les liens.
Mais AI Overview ne peut être accusé d’être le seul responsable de la fonte du nombre de visites, puisque les applis des marques des médias, qui elles ne sont pas concernées par AI Overview, marquent également une tendance inquiétante, avec par exemple -15% pour Ouest France, -11% pour le Progrès, -19% pour Le Parisien/Aujourd’hui en France… Certaines marques s’en tirent mieux, comme le Télégramme avec -3% ou Sud Ouest qui est stable. Les marques nationales sont également impactées : L’Equipe, leader du classement, perd 34% de ses visites (96 M en septembre 2026 vs 146 M en 2025), et le Monde en égare 12% (49,5 M vs 56 M).
Ces derniers jours, Google a toutefois réalisé un pas en direction des éditeurs en proposant des liens plus visibles sur ses résumés IA.
Une nouvelle étude sur la presse locale
NATS (agence de communication corporate 360° spécialiste des territoires) et Institut et Territoires (lieu d’études, de réflexions collectives et de propositions autour des grands enjeux
des territoires) ont présenté le 13 octobre un Observatoire des médias sociaux. Cet épais document, une étude de 88 pages abondamment illustrée, n’apprendra pas grand chose aux professionnels, mais il a le mérite de dresse un état des lieux fidèle et documenté de l’état de la PQR en France, entre chute de la diffusion et concurrence de l’IA. De la PQR, et seulement, et c’est là le principal problème de cette étude : si elle se veut une « enquête terrain inédite sur la presse locale », elle oublie les 230 hebdos locaux qui maillent le territoire. Mais aussi les pure player qui, à l’heure de la numérisation de la société, deviennent de plus en plus importants face aux journaux « classiques ». A lire dans une prochaine version ?…
Un flèchage de 15% de la publicité vers la presse IGP ?
Un décret en préparation prévoit un fléchage des investissements publicitaires vers la presse IGP (avec un plafond de 10 % des dépenses publicitaires en ligne, pour les annonceurs dépensant au moins un million d’euros par an en publicité en France). Mais, avant que ce texte ne passe devant le Parlement, les députés EPR Jean-René Cazeneuve (Gers), Christophe Marion (Loir-et-Cher) et Brigitte Klinkert (Haut-Rhin) ont déposé un amendement au projet de loi de finances (PLF). Le but : porter jusqu’à 15 % le plafond du quota susceptible d’être imposé.Un amendement toutefois jugé irrecevable.
Les médias locaux en quête de soutien
C’est devenu malheureusement un classique de l’automne : les sites d’information locale lancent des appels aux abonnements et/ou aux dons pour tenter de changer d’année dans les meilleures conditions possibles, et surtout avec des comptes leur permettant de poursuivre leur travail. Ainsi, Made in Perpignan lance un réel appel aux secours et nécessite 25000 € pour survivre. Les Autres Possibles recrute 1000 abonnés supplémentaires qui lui aideraient à passer le cap des dix ans. Vivant le média ouvre une campagne de financement participatif. Le Poulpe affirme que « notre survie dépend exclusivement de vous » dans sa front page… Et ce pour ne citer que quelques exemples. Alors, pour les fêtes ou pour un proche anniversaire, offrez (vous) un abonnement dans un média local, quel qu’il soit, plutôt qu’un cadeau futile !
Journée de grève à EBRA
Quelques mois après l’annonce d’un plan de départs volontaires qui concerne pas moins de 400 personnes, le groupe EBRA a vécu le vendredi 9 octobre pour la première fois une grève touchant l’ensemble des titres de son portefeuille, établis sur 23 départements. Les grévistes reprochent à la direction de vouloir en partie remplacer ces départs par des moyens automatisés utilisant l’IA, notamment pour l’édition ou le secrétariat de rédaction.
La procédure d’information-consultation, actuellement en cours, se tient jusqu’à la fin novembre, et la direction d’EBRA a assuré que « les directions des titres du groupe restent disponibles et à l’écoute pour échanger avec les représentants du personnel jusqu’à son terme« .
SIPA Ouest France conclue un accord avec Microsoft
Selon la Correspondance de la Presse, le groupe de médias breton a annoncé le 7 octobre 2026 avoir conclu un accord de licence avec Microsoft, accord portant exclusivement le moteur de recherche Bing (et donc pas Linkedin), pour les contenus éditoriaux d’Ouest France, Actu.fr et groupe Actu, les titres de PQRD Presse Océan, le Maine libre et Le Courrier de l’Ouest, mais aussi ses magazines Le Marin et Voiles et voiliers. il s’agit d’une actualisation d ‘un précédent datant de 2021, mais qui était à l’époque n’incluait pas de rémunération pour l’éditeur. Ici, la rémunération est activée (avec effet rétroactif sur 4 ans), dans le cadre de la directive sur les droits voisins.
Des pubs en vidéo automatisées sur actu.fr
Groupe Actu a annoncé, le 8 octobre 2026, avoir signé un accord avec Ouestcast. Grâce à cette entreprise rennoise spécialisée dans spécialisée dans la programmation informatique et les solutions technologiques de création vidéo, la plateforme propose désormais à ses clients de créer facilement leur vidéo publicitaire. A partir des contenus existants de l’annonceur — site internet, réseaux sociaux, visuels, vidéos ou textes — Ouestcast génère en quelques minutes des spots vidéo scénarisés, multi-formats et prêts à être diffusés, sans studio ni tournage.
« Avec Ouestcast, signale Yann Séjourné, directeur de la régie publicitaire d’actu.fr, nous apportons à nos annonceurs un service supplémentaire, leur permettant d’intégrer la création vidéo à leurs campagnes de communication locale en toute simplicité.«
30 fréquences en attente de réattribution à travers toute la France
Le 1er septembre dernier, par mesure d’économies, Radio France débranchait le Mouv’ de la bande FM et du DAB+, pour basculer cette radio exclusivement sur le numérique. Ce qui a mécaniquement libéré 30 fréquences à travers la France. L’appel a candidatures lancé par l’Arcom a été fructueux, puisque 140 candidatures ont été jugées recevables et publiées le 7 octobre 2026 au JORF. Ces postulants se déclinent en 41 de catégorie A (radios associatives, comme Studio 20 à Ajaccio ou Viva FM en Gironde), 62 de catégorie B (radios locales indépendantes, comme Radio Vire FM ou Radio Mont-Blanc), 6 de catégorie C (radio nationale affiliées à un réseau national, comme Nostalgie Nantes ou Chérie FM Vallée du Rhône), 29 de catégorie D (radios thématiques nationales, comme Radio Classique ou Radio Nova) et 2 de catégories E (radios généralistes nationales, RMC et Sud Radio). Les heureuses lauréates devraient être connues dans quelques semaines.
Le marché publicitaire mondial en hausse de 11,9 % en 2026
Selon les prévisions de WARC Média (organisation mondiale de référence qui fournit des données, des analyses, des études de cas et des prévisions sur l’efficacité de la publicité et du marketing), les prévisions du marché publicitaire mondial progresserait de 11,9% en 2026 (avec un total de 1340 milliards de $). Les médias qui en auraient les principaux bénéfices sont avant tout les réseaux sociaux (+21,3%, presque 400 milliards de $), les moteurs de recherche (+14,2%, presque 300 milliards de $)et le retail media (+14,3% à 200 milliards de $), soit les deux tiers de investissements pour ces trois supports. La réalité est toute autre pour les médias traditionnels. La PQR, en France, était en effet à -12,7% sur le baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP) du 1er semestre 2026.
Le Républicain de l’Essonne repris ?
La Correspondance de la presse, dans son édition du 9 octobre, révèle que deux repreneurs se sont manifestés suite au placement en redressement judiciaire de l’hebdo local Le Républicain de l’Essonne. Le premier candidat est Com’Sol Communication solidarité, qui connait bien la PHR puisqu’elle possède 40% du capital d‘Oise hebdo, mais qui est aussi créancière de E-MIR, la société éditrice du républicain. Le second est le président du club de football FC Fleury 91, Pascal Bovis. Les dossiers présentés évoquent une reprise de, respectivement, six et sept des treize salariés de l’hebdomadaire. Le tribunal de commerce d’Evry se prononcera normalement le 19 octobre prochain.
Le programme des Assises du journalisme à Strasbourg
Du 4 au 6 novembre 2026, la capitale alsacienne accueillera les 3e Assises européennes du journalisme. Un grand rendez-vous mêlant professionnels et grand public, réunis pour des ateliers d’éducation aux médias, des tables rondes, des conférences, des expos…
AU fil du programme, nous avons relevé « Journalistes, producteurs de contenus : qui informe en Europe aujourd’hui ? » (le 5/11), « Comment financer l’information de qualité en Europe ? » (le 5/11), « Déserts informationnels en Europe : le rôle des médias de proximité » (le 6/11) ou encore « Quelles innovations pour protéger l’information de qualité ? » (le 6/11). Le programme complet et les inscriptions sont à retrouver sur le site des Assises.
Nice Matin rejoint un projet européen sur l’IA
On parle beaucoup d’IA à Nice-Matin ! Le groupe a en effet annoncé avoir rejoint le projet iNews, une initiative qui vise à renforcer les compétences des professionnels des médias dans l’utilisation de l’intelligence artificielle, à travers la formation, l’expérimentation et le partage de bonnes pratiques. Ce projet est cofinancé par l’UE (dans le cadre d’Erasmus+) et se réalise avec huit partenaires académiques et médiatiques du sud de l’Europe.
Il est mené par l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes et associe universités, agences de presse, groupes de médias et organisations professionnelles en Grèce, au Portugal, en France et à Chypre : l’Agence de presse d’Athènes (ANA-MPA), Cyloid Media, Alter Ego Mass Media SA et la Fédération panhellénique des syndicats de journalistes (Poesy)., l’Association de la presse portugaise (API) et l’agence de presse LUSA, Alpha Television Cyprus, et donc le Groupe Nice-Matin.. Un programme international de formation à l’IA adapté aux besoins des professionnels de l’information sera mis en place.