Si vous feuilletez ces derniers temps les pages de La Montagne, comme celles de nombreux autres titres de la presse régionale, vous avez certainement remarqué quelque chose. Ou plutôt noté l’absence d’un élément clé : la publicité. Les encarts sont en effet plus que rares, les annonceurs donnant l’impression d’avoir déserté les colonnes des quotidiens.
Le groupe Centre-France, propriétaire du titre fondé par Alexandre Varenne, a décidé de passer à l’action, en mettant l’accent sur un élément crucial : la proximité. Depuis le 17 février, des encarts ont été publiés dans les pages des huit quotidiens et huit hebdomadaires. « Centre France Pub« , explique le groupe sur son site, « interpelle les annonceurs locaux sur un enjeu crucial : la nécessité de réinvestir leurs budgets publicitaires au cœur des territoires qui font vivre leur activité.«
« Notre rôle est de sensibiliser les annonceurs quant à l’impact de leurs arbitrages médias« , renchérit Marylène Guérard, directrice générale de Centre France pub. « Investir dans les supports locaux qui visent leur cible locale, c’est choisir d’investir dans l’écosystème économique du territoire, le même qui permet à leur entreprise de se développer.«
La campagne s’adresse bien évidemment à tous les annonceurs classiques, que ce soient les institutionnels, les opérateurs de la grande distribution ou les petits commerces de proximité. Mais aussi aux agences de communication en charge des plans marketing de leurs clients. Des agences qui, aujourd’hui, optent souvent pour des supports numériques (les réseaux sociaux, notamment) en oubliant les supports traditionnels, comme la presse locale, qui touche pourtant au cœur de cette clientèle locale.
Des actions prévues au niveau national
Le marché global de la publicité continue de progresser très fortement, principalement pour le digital qui affiche une progression insolente de 11%. Par contre, celui qui concerne la presse recule globalement (PQR, PHR, PQN, magazines…) de 7 à 9%. L’Alliance de la presse d’information générale note que le marché pub de la PQR résiste un peu mieux, avec une baisse comprise entre -5% et 0% selon les titres et même un léger mieux, de l’ordre de 2 à 3% pour la régie pub nationale de la PQR, 366 (la régie qui commercialise les grandes marques nationales pour tous les titres de la presse quotidienne régionale). Des chiffres à mettre en regard du recul de 8% du display digital pour l’information (selon les chiffres du 35e Observatoire e-pub SRI/Udecam, fév. 2026).
Forcément, l’initiative de Centre France est vue positivement, car chacun espère qu’elle permettra une certaine prise de conscience de la part de quelques annonceurs. Mais au-delà, l’Alliance, qui œuvre pour tous les titres de presse « classiques » (PQN, PQR et PHR) tente d’œuvrer sur d’autres leviers, comme la réduction des blocklists injustifiées avec l’Udecam. Elle travaille également sur un plaidoyer pour une défiscalisation des investissements pub dans la presse. Et dès le printemps 2026, un campagne nationale orchestrée par la même Alliance tentera de sensibiliser les annonceurs et les agences médias à investir dans toutes les familles de médias de son domaine d’activité. Afin de leur rappeler que la presse reste encore et toujours un vecteur idéal pour communiquer.
En Espagne, le gouvernement limite la publicité institutionnelle
Si, en France, les journaux voudraient bien que les villes, départements ou régions n’oublient pas leurs pages et sites internet dans leur plan de communication, un autre pays, l’Espagne, va au contraire tenter de réguler cette communication institutionnelle. Le projet de loi, présenté en conseil des ministres ce mardi 24 février 2026, limite en effet à 35% les revenus totaux en provenance des institutions ou du secteur public en général.
Le but de cette loi est, comme l’expliquait mardi le quotidien El Pais, d' »éviter que des institutions comme les gouvernements autonomes ou locaux puissent financer des médias sans viabilité économique, avec très peu d’audience, pratiquement sans revenus privés via la publicité ou les abonnements, mais qui deviennent des instruments au service de ces gouvernements qui les financent.«