Le même jour que Reporters sans frontières lançait son étude et ses recommandations pour la presse locale française, les Relocalisateurs organisaient un webinaire intitulé « les médias ont-ils encore un rôle à jouer dans la démocratie ». Un sujet en prolongation directe avec le travail réalisé par la Fondation Jean Jaurès et -justement- les Relocalisateurs, travail publié en novembre dernier sur la possible apparition de déserts médiatiques en France.
Ce webinaire peut désormais être découvert en replay, et il se compose en deux parties. La première est consacrée au rôle des médias dans le fonctionnement de la démocratie. Avec un constat : le média, aujourd’hui, c’est avant tout une marque, avec une promesse éditoriale, que l’on peut aimer ou non. Et, dans chacun de ces médias, l’incarnation de terrain est primordiale. Dans certains lieux, le média local est structurant. On reçoit sur son téléphone les notifications, on connaît les journalistes. A l’inverse, dans d’autres lieux, il y a un réel désintérêt, une méconnaissance des médias locaux, même s’ils existent et sont vivants. C’est dans ces secteurs que le risque d’un grand n’importe quoi médiatique, basé sur la rumeur et les fake news qui circulent sur les réseaux sociaux, sont le plus à-même de prospérer.
Et si l’intérêt de la population pour l’information continue d’être une réalité, on assiste à une fragmentation de la consommation (radio en direct vs podcast, par exemple). Mais on voit aussi que le réflexe de base, dans un moment tel que celui que l’on connaît actuellement avec la guerre en Iran, est de de tourner vers les médias traditionnels. Le rôle et la résilience des journaux télévisés en sont une illustration. Les médias locaux peuvent apporter un contrepoint en évoquant la vie locale des Français directement impactés par cette crise, via, par exemple, la hausse du prix des carburants.
La seconde partie du webinaire revient quand à elle sur une question cruciale : comment retisser le lien entre les Français et les médias locaux. Là aussi, le constat est contrasté : seul Ouest France tire plus de 500000 exemplaires quotidiennement, et ceux qui dépassent les 100000 copies journalières sont de plus en plus rares. Heureusement, le virage digital a été bien négocié par tous, avec de plus en plus de vues sur les sites ou les réseaux sociaux. Les médias sont certes en difficulté, mais ils ont les moyens de résister. Le tissu de presse régionale est donc vivant, cela passant par un changement de modèle économique.
Il existe aujourd’hui 20000 points de vente en France, les audiences de la presse locale progressent, de nouveaux médias apparaissent dans les régions, que ce soient des radios, des télévisions, des pure players. Autant de relais pour que ces médias soient en connexion avec le grand public…
Découvrez l’ensemble des deux débats (une heure de programme en tout) dans le replay.
Qui sont les Relocalisateurs ?
Constituée il y a quatre ans, en avril 2022, l’association les Relocalisateurs rassemble un grand nombre de médias (Radio France, Libération, France Télévisions, la PQR…) ou plutôt leurs régies publicitaires. La mission vise en effet à « maximiser les retombées économiques locales de la communication, à tous les échelons« . En clair, sensibiliser les annonceurs pour qu’ils communiquent dans des locaux français, au plus près de leurs cœurs de cibles, au lieu d’acheter des espaces publicitaires sur des réseaux sociaux ou via des géants du net, qui sont de plus en plus des « aspirateurs à annonces » au niveau mondial, sans pour autant participer au renforcement de l’économie nationale. Une noble mission au profit de l’industrie des médias locale et française.