Le Tour de France de la locale : Centre France • « Médias qui salissent la ville » • Municipales • Paris Normandie • Cafeyn • Radios locales • les Français et l’info • FIL 2026…

Edition du 13 avril 2026.

Le Tour de France de la locale : Centre France • « Médias qui salissent la ville » • Municipales • Paris Normandie • Cafeyn • Radios locales • les Français et l’info • FIL 2026…

Edition du 13 avril 2026.

Un vaste plan d’économies à Centre France 

Quelques jours après Ouest France et Sud Ouest, un nouveau groupe de PQR annonçait ce jeudi 9 avril un vaste plan d’économies. Centre France compte en effet supprimer 152 postes de travail, soit 122 départs et 30 non-remplacements). Un plan qui s’ajoute à celui de départs volontaires, initié en 2024 et qui se terminera au printemps. Ce nouveau coup de cutter dans les effectifs serait le sixième plan de suppression d’emploi en dix ans.
Comme pour les autres quotidiens en France, le groupe, composé de huit quotidiens et huit hebdomadaires,  subit de plein fouet la baisse de la diffusion et la celle des recettes publicitaires. Sans oublier la faible rentabilité des dispositifs numériques, à laquelle s’ajoute une utilisation non-rémunérée des contenus par les géants du numérique et les principaux acteurs de l’IA. Centre France subit de plus de fortes tensions en trésorerie et, selon le Monde, une perte brute d’exploitation de 4,3 M€.
Francis Gaunand, qui avait rejoint le groupe din 2025 pour en prendre la direction quelques semaines plus tard, espère ainsi sauver le groupe, en tentant de plus de trouver de nouveaux revenus sur le numérique et dans la diversification.
Les départs devraient être effectifs au tout début de l’année 2027, les arbitrages  pour savoir exactement quels sont les postes et personnels concernés ayant lieu à l’automne. Les possibilités de départ volontaires seront elles ouvertes dès cet été.
« On ne voit pas comment on peut continuer notre mission de couverture de l’actualité locale avec des effectifs à ce point dégradés », expliquait au Monde (édition du 9 avril 2026) Laurence Coupérier, journaliste à La Montagne et élue SNJ.

Carcassonne : fin des contrats aux médias « qui salissent la ville »

Dix jour seulement après avoir été élu, Christophe Barthès, le nouveau maire (RN) de Carcassonne, a décidé lors du premier conseil municipal de s’attaquer aux médias « qui salissent la ville » ou « qui manquent cruellement de neutralité.
Ici Occitanie cite ses paroles : « Nous répondons à tous les journalistes qui, pour la plupart, font leur travail avec sérieux et neutralité. La presse doit être libre et indépendante et, comme toute entreprise, elle doit se financer par elle-même, et non par l’argent de nos impôts. Dans notre ville, certains médias, comme, je les cite, La Dépêche, L’Indépendant et le Midi Libre, tiennent des propos qui salissent notre ville, méprisent les Carcassonnais et manquent cruellement de neutralité ».
Le premier édile a fait l’addition : 75 560 € que ne touchera plus le groupe La Dépêche, que ce soit en avantages (non paiement des places de parking), publicités, annonces légales. Cet argent « sera désormais utilisé pour améliorer le quotidien des Carcassonnais, je ne laisserai plus personne salir notre ville.« 

Municipales : des résultats bons, mais un peu décevants

Les élections municipales ont été l’événement du mois de mars pour tous les médias locaux, avec souvent une explosion annoncée des visites sur les sites et les applications. Le 9 avril, l’ACMP (Association pour les chiffres de la presse et des médias) a présenté les résultats des marques numériques, et le résultat est en demi teinte. Certes, on assiste à une progression pour la plupart des supports par rapport au mois de février, mais cette hausse n’est pas à la hauteur de l’effort rédactionnel réalisé par tous ces médias.
Ainsi, Ouest-France engrange une hausse de 8,9% sur un mois, mais il perd la première place du podium, doublé par le Monde et le Figaro qui, eux, sont en hausse respectivement de 23,2 et de 21%. Toutefois, le nombre de pages vues par visite est en hausse pour le titre breton, passant de 3 à 3,5.

Les chiffres de diffusion de mars 2026 vs ceux de février. ©ACPM

Chez Actu.fr, malgré l’excellente couverture au plus près du terrain, la hausse entre février et mars 2026 n’est que de 2,6%, avec là aussi une petite hausse du nombre de pages vues par visiteur.
Le Parisien connaît lui aussi une hausse modérée (3,8%), comme la Dépêche du Midi (3%). Sud Ouest qui arrive en queue du Top 15 de l’ACPM est plus en forme avec 12,8% de progression. Du côté des radios publiques, les sites et applis d’Ici (ex France Bleu) rassemblent plus de 88 millions de visiteurs.

Plus préoccupants, les chiffres de mars 2026 vs mars 2025 montrent des différences nettes entre les médias. Si Ouest France et Sud Ouest sont à la hausse (forte pour le premier), Actu.fr et la Dépêche sont en régression. Et là, clairement, les changements d’algorithmes des réseaux sociaux ou les premières lignes générées par l’IA lors des recherches sont en cause. Avec une question qui va se poser à tous les éditeurs : comment performer sur le digital si les grands opérateurs du web délaissent les sites d’info ?

Cafeyn rachète un de ses principaux concurrents

Ça bouge du côté des kiosques digitaux : Cafeyn vient de racheter début avril 2026 le suédois Readly, qui proposait un service équivalent. Cafeyn avait déjà acheté Toutabo/ePresse (qui était la branche française de Readly) et  SFR Presse et Blendle en 2020. Avec cette nouvelle opération, le kiosque français devient leader européen.
Le groupe compte désormais 2,5 millions d’utilisateurs à travers le continent, pour un chiffre d’affaires avoisinant les 100 M€. Le kiosque, sur lequel nombre de titres de presse locale sont proposés, est souvent accusés de rémunérer au plus bas les éditeurs. Ce qui est assez logique lorsqu’on propose un abonnement à partir de 12,99€ par mois pour avoir un libre accès à des centaines et des centaines de titres.

Branle-bas sur la bande FM

Petite révolution sur la bande FM d’ici la fin de l’été : le groupe Radio France va en effet rendre environ 300 fréquences, soit 12% du total. Pour arriver à cela, de nombreux émetteurs vont arrêter de diffuser France Musique, qui ne sera disponible sur la FM que pour 70% de la population (contre 93% actuellement). La chaîne sera par contre sur le DAB+, censé remplacé la FM, et bien sûr via internet et les applis (qui captent aujourd’hui une grande partie des auditeurs). Le Mouv’ va également quitter totalement la FM pour migrer sur le web, ses fréquences DAB+ devenant « Mon petit France inter », la radio pour les plus petits. A l’inverse, Ici et France Info grapilleront quelques fréquences FM supplémentaire pour améliorer leur couverture du territoire.
Le but du jeu, selon la directrice Sibyle Veil, est de réaliser des économies sur la diffusion (3,9 M€ par an), mais aussi de mieux coller aux attentes et aux modes de consommation.

Cette annonce a largement fait réagir l’Alliance de la radio (rassemblant des médias privés) qui “n’acceptera aucune évolution qui se traduirait par une distorsion de concurrence, un recours supplémentaire au marché publicitaire ou un affaiblissement du pluralisme radiophonique”, selon son communiqué. Elle évoque aussi “l’importance d’offrir aux radios privées des possibilités de redéploiement en FM afin de rétablir un juste équilibre, notamment par la nécessaire et immédiate restitution sans condition des fréquences FM du Mouv pour une remise en appel rapide”.

La billeterie du FIL 2026 est ouverte !

Triple actualité pour la 8e édition du FIL (Festival de l’info locale) organisé à Nantes les 24 et 25 septembre 2026. En premier lieu, tous les journalistes, éditeurs de médias locaux et plus généralement professionnels de l’actu locale sont invités jusqu’à ce 13 avril à contribuer à façonner le programme du festival. Que ce soit dans une des trois grandes lignes (jouer collectif

Une première interview de la DG de EBRA

Six mois après son arrivée à la tête de EBRA, la DG du groupe, Sophie Gourmelen, a donné le 9 avril sa première grande interviewau site spécialisé The Media leader. Un entretien durant lequel elle « défend un modèle fondé sur la qualité éditoriale, la puissance du maillage local, la défense de la valeur de l’abonnement numérique, la montée en puissance de la vidéo et de la diversification », comme le résume le journaliste Fançois Quairel. Mais elle n’oublie pas qu’elle a également une mission claire : « remettre durablement le groupe, détenu par le Crédit Mutuel, sur la voie de la rentabilité« .
« Ce qui fonctionne bien, c’est incontestablement le rapport au territoire« , explique-t-elle. « La proximité, le lien avec les acteurs locaux, la connaissance très fine du terrain, la capacité à raconter des territoires de manière crédible et incarnée : tout cela constitue une force rare. »
« Il y a évidemment le sujet de l’ajustement des coûts dans un contexte de baisse structurelle du print. Il faut retrouver un modèle économique rentable et donc pérenne. Mais si l’on ne part pas de la qualité de l’offre, on construit sur du sable. Tout revient, à un moment ou à un autre, à la force du produit éditorial. »
L’entretien est à lire en suivant ce lien.

Les lauréats du FIGRA 2026

La 33e édition du Figra s’est déroulée à Douai, début avril. Ce festival du grand reportage d’actualité et du documentaire de société a, comme chaque année, récompensé une série d’œuvres. C’est Hélène Lam Trong, pour Inside Gaza, qui décroche le Grand prix dans la section +de 40 minutes, et Florence Helleux, pour Histoire de Vie, dans les formats plus courts.
Pour la sélection Terre(s) d’histoire, Marie-Christine Gambar est récompensée pour son documentaire « Catherine Leroy, une Française dans la guerre du Vietnam« .
Le prix Aïna Roger-ESJ Lille récompensant une première ou seconde œuvre dans la sélection officielle a été attribué par les étudiants de l’école à Sarah Andersen pour Les Ombres du Groënland.
Le palmarès complet est à découvrir ici.

Un supplément week-end pour Paris Normandie

Deux Unes du magazine Grand Angle.

Rares sont les titres de PQR à posséder un news magazine en France. Paris Normandie, le quotidien havrais du groupe Rossel peut désormais se targuer d’être dans ce club très fermé, avec Grand Angle, le nouveau supplément de Paris Normandie week-end.
« [Je suis] fière de l’engagement de la rédaction« , soulignait Audrey Rohrbach-Minette, la réadctrice en chef déléguée sur son compte Linkedin, « mais aussi de tous les services de Paris Normandie pour créer ce nouvel univers, Grand angle, dédié aux enquêtes, aux longs formats, aux portraits et grands entretiens fouillés, mais aussi aux recommandations de sorties.« 
Le supplément parlera bien sûr de ‘l’actualité régionale mais sur un rythme plus lent, plus posé, mieux illustré, comme le permet ce format. Il est à découvrir (accès payant) sur le site du quotidien., sur lequel chacun peut également trouver une sélection d’articles et un lien vers un abonnement pour la newsletter dédiée.

Une rencontre sur les médias avec Marsactu

Jeudi 22 avril à 19 h, à Marseille (La Mûrisserie, cours Julien), le site d’investigation locale Marsactu et le pure-player du soir Brief.me organise une rencontre-débat sur les enjeux des médias d’information. Autour de la table, Laurent Mauriac (cofondateur de Brief‌.‌me) et Julien Vinzent (président de Marsactu). Les inscriptions se font à travers ce lien.

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