Le Tour de France de la locale : La Gazette de Montpellier • Marsactu • Confiance dans les médias • Le Parisien • Alliance de la presse • Wéo • Economie de la presse…

Edition du 26 janvier 2026

Le Tour de France de la locale : La Gazette de Montpellier • Marsactu • Confiance dans les médias • Le Parisien • Alliance de la presse • Wéo • Economie de la presse…

Edition du 26 janvier 2026

« On vire la presse et on évite de la lire »

La petite phrase aurait pu être prononcée par Donald Trump lors d’un de ses habituels accès de logorrhée. Mais non, elle a été prononcée par un élu français, en l’occurrence le président du département du Nord, lors d’une cérémonie de vœux dans le Douaisis. Il réagissait à un article on ne peut plus consensuel de la Voix du Nord qui évoquait les résultats du recensement et donc la baisse de population dans ce bassin de population nordiste.
« On vire la presse et on évite de la lire ; comme ça, on vivra mieux ! «  Une formule cinglante, à l’emporte pièce, inutile et intolérable, qui a forcément fait réagir Stéphanie Zorn, la rédactrice en chef de la Voix du Nord. Vendredi 15 janvier, dans son édito, elle répondait de manière calme et posée à ces propos : « Que signifie « virer la presse » ? Quel système démocratique peut fonctionner sans journalistes ? Une démocratie sans presse, c’est un pouvoir sans regard extérieur, sans contradiction, sans mémoire. Un pouvoir qui se raconte seul, qui contrôle tout et qui verrouille. Ce n’est plus une démocratie.« 
Ces propos ne sont « ni anodin[s] ni sans conséquences. Ce n’est pas une simple maladresse. C’est le symptôme d’une dérive : celle d’élus qui supportent de moins en moins le principe même du contrôle démocratique. »

L’ESJ Lille cherche ses futurs étudiants de locale

C’est déjà le moment du recrutement pour la 32e promotion de la licence pro Journalisme de proximité de l’ESJ Lille. Les futurs étudiants ont en effet jusqu’au 3 février pour compléter le dossier disponible sur le site de l’école, avant de répondre aux questions du dossier de motivation puis à celles posées lors de l’oral. 
Tous les rédacteurs en chef  ou responsables de titres de PHR et de PQR sont invités à signaler aux jeunes correspondants de presse ou stagiaires qu’ils jugent faits pour le métier, à les inviter à postuler ! La filière est proposée en alternance, avec également, à partir de septembre prochain, le retour de la possibilité de la suivre en formation initiale.
En 30 ans, l’ESJ Lille a formé plus de 500 journalistes de locales, et, ces dernières années, le taux d’embauche six mois après la fin de la formation, en CDI ou CDD longue durée, est d’environ 70%. Le programme est également revu chaque année, pour s’adapter aux évolutions du métier, voire anticiper les besoins des titres de presse locale. N’hésitez pas à nous contacter pour avoir plus d’infos !

LA 31e promo de la licence pro Presse de proximité.

Nouvelle direction aux Echos-Le Parisien

C’est une première pour la PHR (presse hebdo régionale) : les journalistes de la Gazette (de Montpellier et de Nimes) viennent d’obtenir un reversement de 18% au titre du droit voisin, suite à la décision de la Commission droits d’auteur droits voisins, publiée au Journal officiel il y a quelques jours, une publication relevée par la Correspondance de la Presse.
L’entreprise éditrice des Gazettes avait signé, en application des accords cadres conclus par l’Alliance de la presse d’information générale, quatre accords avec Google et Meta/Facebook. La commission a estimé que « les bénéficiaires de la part appropriée et équitable définie doivent être l’ensemble des journalistes professionnels de la Société anonyme des Gazettes associées, salariés permanents ou employés à titre occasionnels (…) en poste à compter du 24 octobre 2019, y compris ceux dont le contrat de travail a pris fin avant cette date. » La commission avait été saisie suite au blocage des négociations entre le syndicat des journalistes et la direction du groupe.

Un nouveau président pour l’APIG

Conséquence directe du départ de Pierre Louette de la direction des Echos-Le Parisien, l’Alliance de la presse d’information générale, assemblant les titres de PQN, PQR et PHR se retrouve décapité. Pierre Louette était en effet le président de l’organisation patronale de la presse française (mais aussi de la PQN) depuis le 9 octobre 2024.
Dans un premier temps, le syndicat de la presse quotidienne nationale a du désigner un nouveau capitaine, et c’est Marc Feuillée, le directeur général du groupe Le Figaro qui a été choisi. Et, logiquement, c’est lui qui succède depuis le mercredi 21 janvier, à la tête de l’APIG. Une présidence qui ne devrait durer que quelques mois puisqu’il est prévu que la présidence de l’Alliance est tournante entre la PQN et la PQR. Ce qui veut dire que Jean-Michel Baylet (La Dépêche du Midi), président sur SPQR (lui-même nommé en remplacement de Philippe Carli, parti du groupe EBRA) récupèrera  la tête de l’APIG à l’automne prochain.

Marc Feuillée, lors de la célébration des 200 ans du Figaro. ©LE Figaro.

Droits voisins à la Gazette de Montpellier

Cela se murmurait depuis quelques mois, c’est unee réalité depuis le 16 janvier 2026 : Pierre Louette, qui était à la direction de Les Echos-Le Parisien, quitte ses fonctions ainsi que le groupe de médias propriété de LVMH. Outre ces deux titres de PQN et de PQR, le groupe comporte de nombreux autres médias, comme Radio Classique, le magazine Historia ou encore la chaîne thématique Mezzo.
C’est Michèle Benbunan, l’ancienne directrice de la maison d’édition Editis qui le remplace. Elle avait également dirigé la société de distribution de presse Presstalis jusqu’en 2019. Elle « pourra s’appuyer sur sa riche expérience de l’industrie des médias pour poursuivre la transformation du groupe Les Echos-Le Parisien », assure ce dernier dans un communiqué.
La nouvelle dirigeante arrive dans un contexte de forte transformation du modèle économique des titres de presse, une zone de turbulence à la quelle n’a pas échappé le Parisien. Et le titre pourrait d’ailleurs être le premier chantier de la nouvelle directrice générale.

Premier livre pour Marsactu

Les journalistes de l’excellent site d’investigation locale Marsactu viennent de publier un premier livre, Marseille sous emprise, comment la drogue s’empare de la ville. Coralie Bonnefoy, Benoît Gilles et Clara Martot Bacry signent une enquête à 360° sur la drogue – ceux qui la vendent, la consomment, la subissent, la contraignent – dans la deuxième ville de France, épicentre du trafic et laboratoire du pays. un ouvrage passionnant réalisé après trois ans d’enquête.
Ce livre rassemble les dix-sept articles de la série et des textes inédits. Il montre à quel point le commerce de la drogue reflète et préfigure un monde où le néolibéralisme n’a plus aucune contrainte et où l’argent motive toutes les violences, jusqu’à la mort.

Weo s’est éteinte le 25 janvier

Il aura fallu seulement 15 minutes au tribunal de commerce de Lille métropole, le mercredi 21 janvier 2026, pour sceller le sort de Weo, la télévision régionale portée par son fondateur Jean-Michel Lobry, avec comme actionnaire majoritaire Rossel Médias. La liquidation judiciaire ne faisait plus guère de doute au sein de l’équipe de 14 salariés qui « s’est s’est engagée depuis 17 ans », affirme Jean-Michel Lobry.
Le signal de cette télévision régionale s’est donc arrêté ce dimanche 25 janvier, alors qu’elle affichait une audience moyenne de 106300 téléspectateurs (entre septembre 2024 et juin 2025. En cause, le modèle de financement, entre publicité et subventions publiques, ces dernières étant en chute libre. Selon le propriétaire, 800000 euros auraient été nécessaires pour la survie du canal nordiste.

Confiance dans les médias

C’est le grand sondage qui est toujours attendu chaque début d’année. La Croix dévoilait dans son édition du 15 janvier 2026 les résultats de son baromètre des médias. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la côte de défiance des Français envers les médias reste encore très haute. 61 % de nos concitoyens estiment qu’il « faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité » (-1% par rapport à 2025). Mais 65% voient dans les médias un « contre pouvoir indispensable dans une démocratie ».

© La Croix

Du côté de la presse régionale ou locale, la côte de confiance est très haute, à 63% (=) quand ceux qui n’ont pas confiance dans ce genre de médias (27%) baisse de 2 points. Et ces mêmes médias locaux auront un rôle important lors des élections municipales, puisque pour 48% des sondés, ils les aident à mieux comprendre les enjeux locaux de ce scrutin. Peut-être que les 43% qui disent le contraire sont tout simplement ceux qui ne la consultent pas…
Résultats complets sur le site de la Croix (article payant)

© La Croix

Publicité pour la grande distribution : la presse inquiète

Les grandes surfaces risquent-elles de déserter les espaces publicitaires de la presse locale ? C’est la grande question qui est née suite à la décision de LIDL d’arrêter sa communication sur la télévision linéaire. Conséquence à cela : les régies TV demandent une évolution de la réglementation. Avec un risque : que les promotions, jusqu’ici forcément diffusées sur la presse écrite (dont la PQR et la PHR), les radios quittent ces derniers supports au profit de la télévision et, encore plus, sur les réseaux sociaux. Il s’agit clairement d’une question de survie pour ces médias traditionnels.
Le 16 janvier 2026, l’APIG, le SEPM, la FNPS, le SIRTI, Lagardère Radio, NRJ Group, Skyrock, Radio Classique et l’UPE, ont fait part au Ministère de la Culture d’une « profonde inquiétude » et d’une « incompréhension totale ». Cette évolution de la réglementation « n’aurait aucun impact sur les géants du digital, mais permettrait à la télévision de bénéficier d’un effet d’aspiration des investissements publicitaires au détriment des autres médias ». Des estimations font en effet état d’un manque à gagner dès la première année de 103 millions € pour la radio, 38 millions € pour la presse et de ou encore 22 millions € pour la publicité extérieure. La balle est dans le camps du ministère…

L’économie de la presse locale en danger

Une étude réalisée par l’Arcom et le Ministère de la culture, et dénichée par Ouest Médialab, revient largement sur l’économie des médias, et notamment sur celle de la presse locale. En affirmant notamment que « parmi les différentes catégories de médias, certains segments sont particulièrement vulnérables. Dans la presse, les éditeurs indépendants — notamment
de la PQR et de la PHR — apparaissent les plus exposés. Garants du pluralisme local, ces titres font face à de fortes contraintes financières. Cette fragilité se mesure d’abord dans l’érosion des effectifs de journalistes encartés : entre 2013 et 2023, la presse départementale a perdu 20 % de ses journalistes, et la presse quotidienne régionale 9 %« .
Beaucoup de chiffres, de comparatifs, de perspectives à découvrir au fil des 90 pages.

Contact

Recevez les news de l'info locale

directement par mail