Quel est l’avenir de Wéo, la chaîne de télévision locale lancée il y a déjà 17 ans par la Voix du Nord, en partenariat avec la Région, les départements et le Crédit Agricole ? Nombreux sont ceux qui redoutent de découvrir un écran noir le 21 janvier prochain, lorsque le tribunal de commerce de Lille se sera prononcé au terme des six mois de la procédure de sauvegarde initiée en septembre 2025.
Un espoir était pourtant né avec l’intérêt déclaré d’un éventuel repreneur. Las, celui-ci a jeté l’éponge vendredi 9 janvier, mettant en avant les incertitudes économiques, tout comme l’absence de garantie de l’autorisation d’émettre.
Cet ultime espoir douché, il en reste plus beaucoup d’espoir pour les quatorze salariés de la chaîne dont le modèle était bâti sur un équilibre très aléatoire entre public et privé. Les institutions (la Région, principalement) devaient financer à hauteur de 50% le budget de la chaîne, la publicité apportant le reste. Mais les collectivités sont priées de faire des économies, et, dans ce cas là, le robinet d’argent public s’est progressivement fermé. En parallèle, le marché publicitaire est en berne, avec les campagnes qui sont littéralement aspirées par les géants du numérique. Résultat : les caisses sont vides, et il n’y a plus de solution…
Les syndicats dénoncent le manque d’anticipation
Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT, les trois syndicats de La Voix du Nord dont le groupe gère la chaîne Wéo, estiment que « cette situation est le résultat d’une mauvaise gestion et d’un manque d’anticipation incompréhensible, la situation étant fragilisée depuis déjà plusieurs années par le retrait progressif de la Région dans le financement de la chaîne ». De leur côté, salariés et direction de la chaîne ne veulent pas « que Wéo disparaisse car le média est populaire et apprécié par plus d’un million de téléspectateurs. Wéo est utile au territoire. Chaque jour, il informe, il divertit et il anime la région. Nous pensons qu’il est encore possible de sauver la chaîne et ses 14 salariés.«
Wéo n’est pas le seul canal à avoir des problèmes financiers. Il y a quelques mois, en juillet 2025, la Dépêche du Midi arrêtait le signal de sa chaîne Via Occitanie, qu’il avait reprise quatre ans plus tôt. La direction expliquait alors que « les conditions ne permettaient pas d’assurer la pérennité du modèle de chaîne gratuite en clair« . A contrario, il y a quelques jours, LMtv Sarthe retrouvait des couleurs quand une industrielle de la région rachetait, à titre personnel, 67% du capital du canal local, lui permettant d’aspirer à un avenir plus serein…