Notre journal doit être plus proche de vous. » En écrivant ces quelques mots dans un court billet à la Une de la Provence, le vendredi 9 janvier, les responsables de la rédaction marseillaise résument tout l’enjeu du problème : redonner envie aux habitants de la région d’avoir le réflexe du quotidien. C’est cette réflexion qui été en ligne de mire de la refonte de la maquette et du changement de format qui ont été dévoilés le lendemain, le samedi 10 janvier.
A vrai dire, le changement de format, « le premier depuis vingt ans« , est avant tout dû à la fabrication du titre dans les nouvelles rotatives installées à Vitrolles (13) depuis le mois d’octobre, au lieu du site historique de Salengro, dans le 15e arrondissement de Marseille. Et comme Sud-Ouest ou encore les titres du groupe EBRA, la Provence a opté pour le petit format tabloïd, plus pratique à prendre en main… mais aussi plus économique si on compare la superficie totale du journal entre les deux tailles.
Avec un peu plus de 55000 exemplaires vendus chaque jour, soit une baisse de 11,24% par rapport à l’an dernier (source : ACPM), il était urgent pour le titre issu dans la deuxième ville de France de trouver un nouveau souffle, une nouvelle proximité. Et chacun espère que ce format y contribue.
La maquette, elle, n’a été que très peu remaniée, juste pour tenir compte des nouveaux impératifs liés au format. Il faut dire qu’un très grand toilettage avait eu lieu il y a à peine deux ans et demi, avec un design plutôt réussi.
De nouveaux rendez-vous pour les lecteurs
C’est donc plutôt sur le fond que le quotidien a voulu porter l’effort cette fois-ci, en instaurant de nouveaux rendez-vous avec les lecteurs. La rédaction explique être allé au contact de ces derniers depuis la mois d’octobre 2025, « pour présenter le nouveau journal, recueillir leurs commentaires et intégrer leurs attentes au projet éditorial global consacré à la proximité« .
Le lundi, les acheteurs (re)découvrent donc La Provence des sports, couvrant la compétition à tous les niveaux, du local à l’international. Le mardi, La Provence de l’Economie voit sa pagination augmenter de 4 pages (mais en plus petit format…) pour y faire la promotion « des entreprises de [nos] territoires, l’innovation, la jeunesse et l’environnement ». Le mercredi, de la vraie info service avec le programme des cinémas, qui était « très attendu » par le public. Le samedi, une rubrique santé revue et complétée. Et le dimanche, plein feux sur les loisirs, les sorties, la culture… Enfin, tous les jours, deux pages sont réservées aux jeux, ce qui, compte tenue de la différence de format, laisse la place à quelques casse-tête supplémentaires.
Si le print reste, malgré les ventes dans le rouge, plus qu’important financièrement pour le titre, l’aspect numérique n’a pas été oublié lors de cette refonte. Ainsi, depuis ce lundi 12 janvier, la page d’accueil a été reimaginée pour être plus cohérente et plus accessible. L’accès sera ainsi beaucoup plus simple vers les différentes thématiques ou localités. La lecture automatisée des articles a également été rajoutée, tout comme une recherche d’articles pilotée par l’IA.
La Provence continue également de mettre l’accent sur les réseaux sociaux (dont Tiktok sur lequel le média a engrangé 320000 utilisateurs de plus en un an) ou les nouveaux formats. Le podcast, par exemple, avec une cinquième saison de Cartel Nord, la série sur le narcotraffic marseillais, qui compte déjà plus de 2 millions d’écoute. Autant d’évolutions qui s’inscrivent dans un remaniement global du numérique, qui passera aussi, dans quelques mois, par une refonte de l’appli.
Mais pour repartir vraiment au contact direct avec ses lecteurs, le titre s’est lancé dès le jeudi 15 janvier dans une grande tournée de sa zone de diffusion. D’Orange à Marseille, en passant par Oraison, Digne-les-Bains ou Istres, le fourgon de la Provence s’installera sur les places de 27 communes pour demander aux habitants ce qu’ils attendent des municipales. Un grand tour sui sera complété par autant de débats publics entre les différents candidats.